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jeudi 17 janvier 2013

Black or White ?




330.000 Belges sur liste noire

jeudi 10 janvier 2013 à 14h16
Ils sont environ 330.000 Belges à ne pas savoir rembourser leurs crédits. Ils se retrouvent dès lors sur liste noire.
La Banque Nationale de Belgique travaille avec deux listes: une blanche et une noire. Sur la première, sont répertoriés toutes les personnes qui ont contracté un emprunt dans le pays. Les banques sont en effet dans l'obligation d'enregistrer tous les crédits accordés aux particuliers auprès de la Centrale des crédits aux particuliers de la BNB. Et chaque institution financière en Belgique est également obligée de consulter cette centrale avant d'accorder le moindre crédit. De cette manière, les banques peuvent recréer l'historique de crédit du client, afin d'empêcher les abus. La deuxième liste est la liste noire. L'individu qui se retrouve en retard de trois mois dans le remboursement d'un crédit y est répertorié. On peut rester au maximum 10 ans sur cette liste noire. Assez pour pouvoir s'acquitter de ses dettes. (MAJ)

mercredi 24 octobre 2012

4 4 1 @ Paschi




14:51 - 23 octobre 2012 par Caroline Sury

La carte bancaire 4 en 1 débarque dans votre portefeuille




Côté face, payer par débit. Côté pile, payer par crédit. Vous voulez payer sans contact? Pas de problème. Vous pouvez même utiliser la carte pour sécuriser vos paiements sur Internet sans lecteur de carte. Explications.

Pour effectuer vos paiements quotidiens, vous utilisez une carte de débit classique. Parfois, vous recourez à votre carte de crédit, surtout pour payer des achats à l’étranger ou sur Internet. Mais tout le monde n’a pas forcément accès aux cartes de crédit. D’où la nécessité de recourir à une carte prépayée.
Mais même avec cette carte, vous n’êtes pas assuré de pouvoir tout acheter sur Internet au moment où vous le souhaitez. Certains sites nécessitent en effet une authentification sécurisée au moyen d’un lecteur de carte ou d’un digipass. Enfin, vous avez lu ou entendu que le paiement sans contact allait peu à peu se généraliser… il vous faudra au moins une nouvelle carte, voire une carte supplémentaire pour en profiter. Ça fait beaucoup de moyens de paiements à avoir sur soi.

Une carte 4 en 1


Banca Monte Paschi Belgio, en partenariat avec Mastercard, a décidé de simplifier la vie de ses clients en mettant à leur disposition – et c’est une première mondiale – une carte bancaire combinant le débit, le crédit, le paiement en ligne et le paiement sans contact.  
En effet, "Carte de débit Maestro® côté pile et carte de crédit MasterCard® côté face, la PaschiCombo affiche également un écran qui remplace le lecteur de carte pour sécuriser les transactions en ligne. Enfin, la carte est équipée de la fonctionnalité PayPass™ pour permettre les paiements sans contact", précise le communiqué conjoint de MasterCard et Banca Monte Paschi Belgio.

Paiement en ligne

Techniquement, "une fois que l’utilisateur a choisi de payer via Maestro ou via Mastercard sur Internet, il lui suffira d’appuyer sur le bouton de sa carte PaschiCombo pour générer un code à usage unique sur l’écran d’affichage. Ce code servira à sécuriser la transaction. L’utilisateur ne devra donc plus recourir à son lecteur de carte pour confirmer un achat en ligne". Cette technologie n’est pas neuve, elle avait déjà été lancée par Visa en 2008. Néanmoins, elle était inconnue du marché belge jusqu’ici.

Les alternatives au paiement cash
Pour David Dechamps de MasterCard Europe, "2013 sera une année charnière dans le domaine des paiements sans contact. Nous allons assister aux première utilisations des terminaux sans contacts dans différents secteurs". En réalité, certains consommateurs peuvent déjà réaliser ce type de transaction. Il s’agit notamment des détenteurs d’une carte Visa Carrefour. Grâce à elle, ils peuvent déjà effectuer des paiements sans contact dans la plupart des hypermarchés et des supermarchés de l’enseigne.
Mais ce n'est pas de la seule nouvelle tendance pour régler des petits montants. Les initiatives à court, moyen et long terme pour limiter le cash dans notre portefeuille se multiplient. Pour en savoir plus, lisez notre article: Les alternatives au paiement cash.

De 25 à 75 euros

La carte sera disponible le 5 novembre prochain. Tous les clients actuels de Banca Monte Paschi Belgio recevront la nouvelle carte PaschiCombo. Pour les nouveaux clients, la carte PaschiCombo est disponible auprès de toutes ses agences ou en ligne via le site www.paschicombo.be. Son coût (de 25 à 75 euros) dépend du plafond de la ligne de crédit accordée.

mardi 6 mars 2012

Arnaques en gros


Non-paiement des CDS sur la dette crecque : Entourloupe simple, ou scandale à tiroirs ?

Par Vincent Benard, le 02/03/2012




vincent benard
Vincent Benard
Vous avez acheté des CDS sur les obligations grecques pour vous couvrir contre un risque de faillite ? Et bien, vous vous êtes fait avoir. Bienvenue dans un monde où l'état de droit s'arrête lorsque la très haute finance commence.
Même pas honte : "l'accord grec n'est pas un défaut !"
L'ISDA ( International Swaps and Derivatives Association ) est le groupement d'institutions financières qui régit les règles internationales de fonctionnement de nombre de produits dérivés, et notamment des fameux CDS.

Lors d'une décision rendue ce jeudi, certes assez attendue mais néanmoins parfaitement inique, un comité spécifique de cette organisation, dont 10 des 15 membres sont issus de banques actives sur le marché des produits dérivés -bonjour le conflit d'intérêt !-, a décrété que le fait de forcer les créanciers privés détenteurs d'obligations grecques à encaisser 70% de décote ne constituait pas un défaut de paiement, que la subordination post-émission des détenteurs privés après la BCE ne constituait pas un évènement de crédit, et quelques autres points techniques du même ordre non plus. Autrement dit, les détenteurs de CDS, ces produits d'assurance censés garantir leurs détenteurs contre un défaut de paiement, ne verront pas la couleur de leur assurance.

Certes, l'ISDA se réserve le droit de revenir sur sa décision, (ouf), mais selon le Financial Times, ceci pourrait ne se produire qu'après que l'échange entre les nouveaux titres grecs et les anciens ne se soit produit, et serait donc calculé sur la valeur faciale des nouvelles obligations, qui sera inférieure.

Bon, toutes les compagnies d'assurance ont la réputation d'être plus pressées d'encaisser les primes que de régler les sinistres, et les banques et assurances qui ont vendu des CDS à tire larigot sur la Grèce ne doivent pas être pressées de passer à la caisse. Il n'en reste pas moins que l'on comprend mal quelle est l'assise légale de la décision de l'ISDA. Je serai surpris qu'il n'y ait aucune réaction judiciaire de quelques détenteurs d'obligations grecques qui avaient cru se "couvrir" en achetant des CDS.Autrement dit, dans le monde d'aujourd'hui, un contrat avec les institutions financières n'est pas un contrat. Des changements unilatéraux aux termes contractuels peuvent intervenir à tout moment, et vous pouvez, pardonnez moi, vous faire enfler à tout moment par vos partenaires financiers.

Hypothèse retorse : des acheteurs complices
A moins, évidemment, que nombre d'acheteurs de ces CDS ne soient complices. L'hypothèse apparemment folle est lancée par le blogueur financier le plus grossier du web, oui, encore plus ordurier que Charles Dereeper, je sais, c'est difficile à concevoir. Karl Denninger, du blog "Market Ticker", pense que nombre de CDS ont été achetés en connaissance de cause par des détenteurs de dettes souveraines pour faire croire aux régulateurs qu'elles remplissaient leurs obligations légales de couverture de risque, mais ne le faisaient pas vraiment.
Le principe est le suivant : imaginez qu'un régulateur quelconque vous impose une assurance pour pouvoir accomplir une action, par exemple, conduire une voiture, mais que vous assurer vraiment coûte bien trop cher, compte tenu de votre profil de risque. Certaines compagnies peu scrupuleuses peuvent vous vendre une fausse assurance à prix discount, mais assortie d'une "clause parallèle" (traduction personnelle de "side letter", si quelqu'un a mieux...) tenue secrète ou l'assureur et l'assuré s'engagent à ne pas faire jouer l'assurance.

Pourquoi l'assuré ferait il une chose pareille ? Pour pouvoir montrer aux autorités un certificat d'assurance, totalement bidon. Bref, l'assureur vous vend un faux certificat d'assurance pour un prix égal à une fraction d'une assurance véritable. En matière financière, cela permet à certains assureurs ou réassureurs de paraître plus solvables qu'ils ne le sont en réalité, ce qui peut réduire les exigences légales en fonds propres (Bâle, Solvency...)
Denninger est il crédible ? Et bien, malgré son langage de charretier, il a été un des premiers à détecter les fraudes derrière les montages byzantins de "Mortgage Backed Securities" (MBS) dont je parle dans mon livre "Foreclosure-gate, les gangs de Wall Street", fraudes depuis largement confirmées par diverses enquêtes de justice et une commission sénatoriale. Puis il fut un des tous premiers à sortir de terre le scandale du Robo-Signing qui y est étroitement lié, et qui vient de faire l'objet d'un accord judiciaire (controversé) entre les grandes banques et la justice américaine pour 25 milliards de dollars, tout de même.
Alors, en restant prudent, je prends son hypothèse comme une possibilité réelle.
D'autant plus que les affaires de "Side Letters" frauduleuses ont été légion dans le monde de la finance dans le début des années 2000. Chris Whalen, président d'Institutional Risk Analytics, une firme spécialisée dans l'évaluation des risques financiers, relatait nombre de ces affaires dans le blog de Barry Ritholtz en 2009, dont beaucoup impliquaient AIG, et se demandait déjà si nombre de CDS n'étaient pas conçus comme une "assurance assortie de clauses parallèles" non dévoilées.
La décision de l'ISDA va-t-elle modifier les comportements de marché ? Allez savoir...
Que Denninger et Whalen aient raison, ou pas, la décision de l'ISDA devrait détourner les acheteurs honnêtes du marché des CDS, ou du moins, de les rendre bien plus exigeants. Ne risque-t-elle pas, par conséquent, de rendre les acheteurs de dette souveraines encore plus méfiants ? Après la "clause de subordination subreptice" introduite par la BCE en catimini, l'accalmie sur les taux longs que l'on observe ne risque-t-elle pas d'être de courte durée ?
Bill Gross, patron du Hedge Fund spécialisé dans l'obligataire PIMCO, dans un article du FT publié à 18h21, se voit attribuer un propos sentencieux : "la décision de ce jeudi constitue un précédent dangereux". Mais à 7h37, Bloomberg affirme que la firme de Gross est membre du comité de l'ISDA qui a voté à l'unanimité le non déclenchement du défaut, et fait dire à ce même Gross que "ce n'est pas un coup de tonnerre", et que probablement, le déclenchement du défaut arrivera plus tard, et qu'il n'y voit rien de bien mauvais. Il faudrait savoir !
Difficile d'y voir clair, et je ne me hasarderai à aucune prévision. Dans cette crise, la seule chose qui est certaine, c'est que le droit contractuel classique et le règne de l'état de droit ne valent plus grand chose quand de puissants intérêts acoquinés aux états règnent en maîtres. Et malheureusement, dans ce monde où tordre les lois devient la base des affaires, les grilles de lecture traditionnelles de l'économie sont mises à mal. Tout sera fait pour sauver les grandes banques internationales, monétisation, déni de droit... Mais à force de tirer sur les cordes qui tenaient jusqu'alors l'économie, elles pourraient finir par casser.
Vincent Benard

lundi 27 février 2012

Quelques briques ... mais à quel prix ?


10:23 - 26 février 2012 par Nadine Bollen

6 conseils pour le crédit de vos rêves


Un crédit hypothécaire est incontournable pour qui veut réaliser ses rêves en construisant ou en rénovant sa maison. Mais il y a crédit et crédit. Voici 6 conseils qui vous aideront à choisir la meilleure formule.
Batibouw ouvre ses portes jeudi prochain.  La grand’messe des candidats à la construction et à la rénovation renforce encore - si besoin est - l’intérêt des Belges pour tout ce qui concerne l’immobilier.  Faut-il encore souligner que les crédits hypothécaires en font partie?  D’autant plus qu’il n’est pas rare que des crédits habitation s’étalent sur 30 ans.  Pour les jeunes couples, c’est souvent la seule option s’ils veulent s’acheter une maison.
La hausse des prix de l’immobilier n’est pas la seule raison qui explique l’allongement des durées des prêts de ces dernières années.  La fiscalité joue aussi un grand rôle.  Grâce au système de " Bonus habitation " (déduction supplémentaire d’intérêts) introduit en 2005, la proportion de crédits à 30 ans a été multipliée par plus de cinq.  Immotheker indique qu’elle est passée de 7% en 2004 à 40% en 2011. Parallèlement, la proportion de crédits hypothécaires à 20 ans a littéralement fondu, passant de 40% en 2004 à 16% en 2011.  La proportion de crédits à 25 ans est restée plus ou moins stable, aux environs de 30%.
On ne s’engage pas pour 25 ou 30 ans en quelques minutes.  Le temps où on choisissait son crédit au petit bonheur la chance est heureusement derrière nous.  Il n’empêche que, pour la plupart des candidats à la construction ou à la rénovation, la recherche du crédit idéal continue à ressembler à une galère.  Ces quelques conseils vous aideront à retrouver votre chemin dans le labyrinthe des crédits.

1. Réfléchissez avant d’agir

Quelles sont vos capacités financières?  Combien pouvez-vous consacrer chaque mois au remboursement de votre emprunt?  Aujourd’hui mais aussi demain.  Si vous voulez avoir des enfants, tenez compte de la charge supplémentaire que cela impliquera pour votre budget mensuel.  Soyez aussi conscient qu’il n’est pas possible de vivre pendant 20 ou 30 ans avec un budget très serré.  Prenez une marge de sécurité confortable.
Avant de pousser la porte d’une agence bancaire, jetez un coup d’oeil aux taux d’intérêt.  Vous trouverez sur notre site un aperçu des taux d’affiche (officiels) des différentes banques.  Sur www.rodv.be (en néerlandais), vous trouverez aussi les taux accordés par les banques à d’autres candidats-emprunteurs.

2. Faites le tour

Consultez au moins trois institutions financières.  Votre banquier vaut certainement une visite, mais ne partez pas du principe qu’il vous accordera les meilleures conditions.  Ne vous limitez pas aux grandes banques.  Voyez aussi les banques de niche.  En d’autres mots : faites jouer la concurrence en votre faveur.
Cela vous fait peur? Sachez que celui qui prend la peine de négocier peut économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée du prêt.  Pensez aux heures de travail que vous devriez prester pour gagner cet argent, et l’envie de faire le tour des banques augmentera en proportion.

3. Ne comparez pas des pommes avec des poires

C’est plus que probablement la partie la plus difficile.  Chaque banque vient avec son offre, et il n’est pas facile de les comparer.  Par exemple, 3,5% d’intérêt pour une formule à taux variable annuellement dans la banque A n’est pas la même chose que 3,5% dans la banque B.  Tout dépendra de l’indice de référence que les deux banques prendront comme point de départ.  Vous trouverez plus d’informations sur l’indice de référence et comment il fonctionne, en cliquant sur cet article.

4. Regardez l’ensemble de l’offre

Dans le cadre de leur philosophie de “ventes croisées” et de “fidélisation de la clientèle ", les banques essaieront de vous vendre d’autres produits : un compte à vue, une assurance incendie, une assurance solde restant dû, etc.  Pour vous convaincre, elles vous feront miroiter des réductions sur votre taux en cas de souscription à un ou plusieurs de ces produits " annexes ".  Le fait est que ces produits sont souvent moins chers ailleurs.  Comparez ce surcoût à l’avantage que vous procure la réduction du taux d’emprunt.  Et ne vous limitez pas au crédit hypothécaire, faites aussi la comparaison avec l’assurance solde restant dû et l’assurance incendie.  Ici aussi, faites jouer la concurrence. Cela fera encore baisser le coût total de votre crédit.
Si, in fine, vous choisissez tout de même les produits " annexes " de votre banque, n’oubliez pas que la réduction du taux est conditionnelle.  Vous la perdrez si vous résiliez le produit en question.
N’hésitez pas à informer la banque si l’un des produits annexes ne vous intéresse pas.  Un couple aura sans doute besoin d’une assurance solde restant dû, mais pour un célibataire, cela a moins de sens.

5. N’oubliez pas l’option de remboursement anticipé

Plus la durée du prêt est longue, plus bas est le remboursement mensuel.  Mettez ce montant économisé systématiquement de côté.  Vous pourrez l’utiliser plus tard pour rembourser votre emprunt anticipativement.  Sauf si votre contrat de crédit stipule le contraire, vous avez à tout moment le droit de rembourser une partie du capital.  Dans tous les cas, vous pouvez faire un remboursement partiel au minimum une fois par an, et vous pouvez à tout moment rembourser 10% du capital restant.
La banque vous réclamera alors une sorte de dédommagement : l’indemnité de remploi.  Beaucoup pensent qu’elle équivaut à trois mois de remboursement, mais c’est faux.  Dans le cas d’un remboursement total, l’indemnité de remploi est égale à trois mois d’intérêt sur le capital encore à rembourser.  Si vous ne remboursez qu’une partie du capital, l’indemnité est calculée sur le montant du capital remboursé.  Si l’on compare avec les autres pays, l’indemnité de remploi est relativement limitée en Belgique.  C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles elle fait actuellement l’objet de discussions.

6. Faites une évaluation chaque année

Ce n’est pas une bonne idée d’oublier votre emprunt une fois qu’il est signé.  Les taux du marché évoluent en permanence.  Cela vaut parfois la peine de changer de formule pendant la durée du prêt.  Ou même de changer de banque.  Grâce au niveau relativement bas de l’indemnité de remploi que vous devez payer à votre banque, vous pouvez vous permettre de changer de crédit, en particulier si vous avez signé un contrat à taux fixe.  Examinez chaque année si cela vaut la peine de refinancer votre emprunt.

jeudi 9 février 2012

Bulle immobilière aux Pays-Bas


Immobilier : menace sur les Pays-Bas

mardi 07 février 2012 à 14h29
Après des années de hausses spectaculaires, alimentées par une politique basée sur l'emprunt, les prix des habitations plongent pour la troisième année consécutive. A la Belgique de tirer les leçons de cette crise et de ses conséquences.
© Thinsktock
Qu'en est-il de notre marché résidentiel ? «Il tient le cap» à en croire l'indice de l'agent immobilier Trevi. Et pourtant selon Century 21, autre agent immobilier, le prix de vente moyen des habitations avait baissé en Flandre d'environ 6 % fin 2011. Les institutions internationales, le FMI, la BCE et l'OCDE en tête, tirent la sonnette d'alarme : notre marché résidentiel est nettement surévalué, une mise en garde que tempère la plupart des observateurs belges. Bref, les bulletins de santé sont tantôt rassurants, tantôt alarmistes.
 
En ce qui concerne le marché résidentiel néerlandais, les choses sont claires : il est indéniablement en perte de vitesse. En 2011, la correction des prix sur le marché résidentiel avoisinait les 3 %. Rien de dramatique mais depuis 2008, les habitations ont quand même vu leur valeur dégringoler de 14 % compte tenu de l'inflation. La «plus-value» réalisée pendant les années d'euphorie s'en trouve anéantie car les prix réels sont retombés au niveau de 2001. De plus, l'avenir ne s'annonce pas particulièrement prometteur. Le service d'étude de Rabobank anticipe pour 2012 un nouveau recul des prix.
 
Le nombre de transactions a lui aussi dégringolé. Durant la période 1997-2007, le volume annuel oscillait autour des 180.000 transactions, avec un pic de plus de 200.000 habitations vendues aux Pays-Bas en 2006. La crise de 2008 a fait chuter le volume de transactions à 130.000 environ. L'année 2011 s'est clôturée par un nouveau record à la baisse, soit 122.000 ventes.
 

Effets transfrontaliers

 
La crise sur le marché résidentiel néerlandais a des répercussions jusque chez nous. Dans les années 1980 et 1990, bon nombre de Néerlandais fortunés se sont mis en quête d'une villa plus spacieuse et d'un climat fiscal plus favorable dans les communes résidentielles verdoyantes des provinces d'Anvers et du Limbourg. Mais du fait notamment de l'introduction de l'impôt sur les plus-values, l'afflux de réfugiés fiscaux en provenance du Nord s'est quelque peu tari.
 
C'est toujours le cas, même si l'avantage du prix s'est légèrement estompé. Le manque de dynamisme du marché résidentiel néerlandais a été la première motivation des candidats acheteurs à venir voir chez nous. Selon Luc Machon, président de l'Institut professionnel des agents immobiliers et lui-même agent dans la commune frontalière de Lanaken, le phénomène se fait particulièrement sentir dans la fourchette de prix de 250.000 à 500.000 euros. «Quand tout allait bien, de 2003 à 2005 disons, notre clientèle était néerlandaise à 70 %, confie Luc Machon. Elle représente à peine 20 à 25 % aujourd'hui.»
 

Ne pas comparer des pommes et des poires

 
Les prix immobiliers sont-ils élevés en Belgique ou non ? La comparaison des prix entre les deux pays est un exercice périlleux. Car qui dit contexte différent, dit inévitablement prix différents. Dans son travail de fin de master intitulé Divergences de prix entre le marché résidentiel belge et néerlandais, Katlijn Van Audenarde explique que la différence tient essentiellement à la disparité des conditions d'hypothèque et du régime fiscal. Elle en arrive à la conclusion que même si le prix des habitations est d'environ 20 % plus élevé aux Pays-Bas, la dépense nette est pour ainsi dire la même.
 
Les Pays-Bas possèdent en effet un système fiscal unique pour ce qui est de la déduction de l'hypothèque. Les intérêts hypothécaires sont entièrement déductibles du taux marginal d'imposition, ce qui explique pourquoi les Néerlandais peuvent se targuer de budgets plus importants.
 
Résultat : un marché résidentiel dopé qui continuait à surperformer malgré la hausse des prix. La plus-value réalisée à la vente permettait d'amortir facilement le crédit en cours. Jusqu'au moment où la crise de 2008 a fait exploser le marché résidentiel et a mis le prix des habitations sous pression. Luc Machon a peur que le cercle vicieux ne continue. «La baisse persistante des prix résidentiels induit une spirale négative. Les propriétaires se retrouvent piégés et la demande ne peut venir que des jeunes désireux d'accéder au marché. Seulement ils n'en ont pas les moyens.»
 
Son collègue néerlandais, Erik Bessems, agent à Maastricht et président de l'association professionnelle NVM jusqu'à récemment, se veut rassurant : «Le marché résidentiel néerlandais est très stable. Voilà plusieurs années que le niveau s'est stabilisé autour des 120.000 transactions annuelles. On a connu beaucoup mieux, certes, mais le marché n'est pas à l'arrêt. On se marie, on divorce, on a des enfants, on meurt... autant de bonnes raisons de déménager.» Il reconnaît toutefois que le marché résidentiel néerlandais croule sous le poids d'une dette hypothécaire exorbitante (640 milliards d'euros, soit 120 % du PNB). «Les Néerlandais doivent apprendre à apurer leur dette, confie- t-il. Ce que vous faites en 20 ans, nous sommes incapables de le faire en 30 ans.» Mais de là à supprimer la déductibilité des intérêts hypothécaires... «La déductibilité des intérêts hypothécaires est un système dangereux mais on l'a choisi et on ne peut se permettre de le supprimer en pleine crise. D'un autre côté, si on le supprime après la crise, on risque d'en déclencher une autre.»
 
Le marché est miné par l'incertitude et le jeu des accusations/dénégations, affirme Bessems. L'actuel débat sur la déductibilité fiscale des prêts hypothécaires est l'occasion de faire toute la clarté.
 

Baisse de l'impôt sur le transfert

 
Pour redynamiser le marché résidentiel néerlandais, le cabinet Rutte a décidé à l'été 2010 de réduire l'impôt sur le transfert (l'équivalent de nos droits d'enregistrement) de 6 à 2 %. L'abaissement à 2 % de l'impôt sur le transfert, familièrement appelé l' «amende sur le déménagement», décourage lui aussi les Néerlandais de franchir la frontière car il creuse un peu plus le fossé avec nos 10 % de droits d'enregistrement. Cette initiative ne réjouit évidemment pas les agents immobiliers et les propriétaires de la zone frontalière mais c'est du pain bénit pour les candidats acheteurs belges ainsi débarrassés de la concurrence néerlandaise.
 
Laurenz Verledens

Différence fondamentale sur le Web

 
La grande différence entre la Belgique et les Pays-Bas : l'offre sur Internet. Aux Pays-Bas, Funda, le site de l'association des agents immobiliers NVM, occupe une position dominante. «Funda regroupe environ 95 % de toute l'offre disponible», affirme Erik Bessems. Le site se veut un gage de transparence. «Pour chaque bien, le site renseigne le prix initialement demandé, la durée de mise en vente, etc. Autant de renseignements qui ne plaisent pas toujours aux professionnels mais très précieux pour le consommateur.» Ceci dit, Funda ne manque pas d'intérêt pour les professionnels «car il est nettement moins cher que les sites belges. Je paie autant pour annoncer 40 biens en Belgique sur Internet que pour tout mon portefeuille néerlandais sur Funda.»

vendredi 13 janvier 2012

Warning !!!!!!!!!!!!!!


Crédit sur Internet : attention, danger !

mardi 10 janvier 2012 à 16h08
Le SPF Economie a enquête sur les sites Internet qui vous proposent des crédits à la consommation. Le résultat est désastreux : seules quatre entreprises, sur les 93 contrôlées en Belgique, sont conformes à notre législation.
© Thinkstock
Chaque année, les autorités européennes chargées de la protection des consommateurs analysent les sites Web d’un secteur déterminé pour détecter l’existence de problèmes et en déterminer la nature. Une action est connue sous le nom d’Internet Sweep Day. En 2011, le thème du Sweep Day portait sur le crédit à la consommation, un thème qui, en ces temps de crise financière, est au centre des préoccupations, précise le SPF Economie.
 
Pour la Belgique, les enquêteurs ont tout d’abord introduit, dans les moteurs de recherche, plusieurs mots-clés tels que «besoin d’argent», «je cherche de l’argent» et «besoin d’argent + liste noire». Les sites ayant obtenu les scores les plus élevés ont été analysés. Les résultats concernent tant les sites d’intermédiaires de crédit que de prêteurs. Les établissements de crédit occupant une place importante sur le marché ont aussi été examinés. Les crédits proposés par les constructeurs automobiles et les magasins en électroménager ont enfin fait l’objet d’une attention particulière.
 
Au total, 142 propositions de crédit émanant de 93 entreprises (des intermédiaires de crédits, pour la plupart) ont été étudiées par le SPF Economie. Conclusion : «Seuls quatre sites Internet étaient conformes aux dispositions légales. Les lacunes constatées ne sont toutefois pas toutes pertinentes et les informations destinées au consommateur ne sont pas toutes mensongères.»
 
Les infractions les plus courantes ? Pas de mention (ou de manière imprécise) du taux débiteur ou du montant total à rembourser ; évocation de la situation financière difficile des clients potentiels et leur présence dans une liste noire de la Banque nationale de Belgique ; absence d’information de contact et de numéro d’entreprise légalement requises ; information non claire sur le crédit à la consommation proposé.
 

Infraction la plus courante des sites Internet de crédit : la non-mention du taux débiteur

 
L’infraction la plus courante consiste à ne pas mentionner le taux débiteur, ou à ne pas spécifier s’il est fixe ou variable. Dans un grand nombre de publicités, le montant total à payer par le consommateur n’est pas indiqué.
 
La loi belge impose pourtant la présence du slogan «Attention, emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent» dans le cas où la publicité ne mentionne pas le taux d’intérêt ni les coûts du crédit. Le SPF Economie a constaté l’absence ou une reproduction incorrecte de ce slogan.
 
Certains sites d’institutions financières exploitent par ailleurs la malchance et la situation financière précaire du consommateur afin d’influencer sa décision. Or, la loi sur le crédit à la consommation interdit la publicité dans le cas d’un crédit qui vise spécifiquement à inciter le consommateur qui éprouve des difficultés à rembourser un crédit existant à contracter un nouveau crédit ; insister sur la rapidité avec laquelle le crédit peut être contracté ; encourager le regroupement ou la centralisation des crédits en cours ou à donner l’impression que les crédits en cours ne jouent pas dans l’évaluation pour l’obtention d’un nouveau crédit.
 

Réaction du SPF Economie : avertissement, accord à l’amiable… ou affaire transmise au parquet

 
Le SPF Economie annonce qu’il «entreprendra au cours des prochains mois toutes les actions nécessaires pour remédier à la situation. Les entreprises pour lesquelles une infraction est constatée recevront un avertissement. Elles devront remettre leur site en ordre dans un bref délai. Si elles ne le font pas, suivra alors un accord à l’amiable (transaction), ou bien l’affaire sera transmise au parquet.»
 
L’objectif est de clôturer toutes les enquêtes d’ici septembre 2012.
 

Au niveau européen, seuls 30 % des 562 sites contrôlés étaient en règle

 
Sur les 562 sites Internet initialement contrôlés au niveau européen, 30 % seulement ont passé avec succès l’épreuve de contrôle du respect de la réglementation européenne applicable en matière de consommation, et 70 % de ces sites (393) ont été retenus pour faire l’objet d’une enquête plus approfondie, précise la Commission européenne sur son site.
 
Les principaux problèmes constatés ?
 
- Informations manquantes dans la publicité pour le crédit à la consommation :sur 258 sites Internet (46 %), la publicité ne comprenait pas toutes les informations de base requises par la directive sur le crédit à la consommation (taux annuel effectif global (TAEG), indispensable pour comparer les offres; inclusion ou non des frais des services connexes (assurances, par exemple) dans le coût total; durée du contrat de crédit, etc.).
 
- Omission d’informations essentielles sur l’offre : 244 des sites (43 %) ne donnaient pas d’informations claires sur les différents éléments du coût total (type de taux d’intérêt (fixe, variable ou mixte), durée du crédit, le cas échéant, et certains des coûts afférents au crédit (commission de montage, par exemple)).
 
- Présentation trompeuse des coûts : le coût du crédit est présenté d’une manière inexacte ou susceptible d’induire les consommateurs en erreur, par exemple en raison de la méthode de calcul du prix, ou parce que le consommateur n’est pas informé qu’une assurance obligatoire supplémentaire vient s’ajouter au coût du crédit à la consommation proprement dit. Quelque 116 sites (20 % des sites contrôlés) présentaient ce genre de problème.
 
V.D.

mardi 18 octobre 2011

Subprime forever ...


Crédit hypothécaire : «Certains n’ont pas retenu la leçon !»

lundi 17 octobre 2011 à 14h51
Test-Achats a «testé» une cinquantaine de prêteurs et intermédiaires pour décrocher un crédit hypothécaire. Résultat : deux intermédiaires ne se sont pas même intéressés aux revenus mensuels de cette «famille».
© Thinkstock
Test-­Achats a envoyé un couple d’enquêteurs auprès de 49 prêteurs ou intermédiaires pour obtenir un prêt hypothécaire. La plupart de ces prêteurs octroient trop facilement le crédit et ne posent pas les bonnes questions sur la solvabilité du candidat-emprunteur, dénonce le défenseur des consommateurs belges.
 
Méthodologie. Test­-Achats a envoyé un couple d'enquêteurs chez 49 intermédiaires financiers (agences bancaires et courtiers). Une famille avec deux enfants qui veut acheter une maison de 275.000 euros et emprunter à cette fin un montant de 215.000 euros. Ils devaient s’enquérir de leur remboursement mensuel, sans oublier l’assurance solde restant dû et, si possible, l’assurance logement. La charge mensuelle que la plupart des intermédiaires estimaient acceptable pour cette famille variait entre 1.500 et 1.600 euros. Etant donné l’état des revenus de la famille, le capital à disposition et les dépenses, Test­-Achats estime que la charge mensuelle ne pouvait excéder 440 euros.
 
Résultats. Moins d’un intermédiaire sur six (16 %) a jugé le prêt pour la maison en question trop risqué et donc inabordable pour la famille, alors que c’était, pour Test-­Achats, la seule réponse correcte. Près de trois quarts des intermédiaires (71 %) disposés à octroyer un prêt ont estimé qu’un montant à rembourser de 1.500 euros ou plus, assurances comprises, était à la portée de la famille.
 
Plus de la moitié des intermédiaires (53 %) ne se sont pas du tout enquis des charges mensuelles actuelles de la famille (comme le loyer). Près de trois intermédiaires sur cinq (61 %) ne se sont pas intéressés à la capacité d’épargne mensuelle de la famille. Deux intermédiaires ne se sont même pas intéressés aux revenus mensuels. Plus de la moitié des intermédiaires (53 %) n’ont pas jugé nécessaire de conseiller à la famille d’inclure dans le compromis de vente une clause annulant la transaction à défaut de crédit hypothécaire.
 
Conclusion de l’association : «De cette manière, une famille signe son arrêt de mort financière. De nombreux intermédiaires seraient donc prêts à prêter de l’argent à des personnes fragilisées et ainsi confrontées au surendettement.» Or, «les prêts hypothécaires représentent le plus gros investissement financier d’une famille dans leur vie, ce qui nécessite une protection renforcée».
 

Test-Achats : «Le concept de crédit responsable doit figurer dans la loi sur le crédit hypothécaire»

 
Test­-Achats insiste pour que le concept de crédit responsable figure dans la loi sur le crédit hypothécaire car la plupart des intermédiaires financiers octroient du crédit trop facilement et ne posent pas les bonnes questions pour évaluer la solvabilité du candidat­-emprunteur.
 
Les conséquences ne se font pas attendre. Les arriérés de paiement augmentent de manière phénoménale en Belgique. Les défauts de paiement en matière hypothécaire ont augmenté de près de 70 % en trois ans dans notre pays. Pour Test­-Achats, cette situation s’explique notamment par la facilité avec laquelle les intermédiaires financiers accordent des crédits, sans vérifier comme il se doit la capacité de remboursement des candidats emprunteurs.
 
La Commission européenne entend réglementer cet aspect et l’a inclus dans sa proposition de directive sur le crédit hypothécaire. «Mais il risque de passer encore beaucoup d’eau sous les ponts avant qu’on en ressente les effets positifs», estime Test-­Achats, dont la demande au gouvernement tient en cinq points :
 
- un système concret, transparent et contrôlable, de fixation des mensualités maximum. Les Pays-Bas se sont d’ores et déjà engagés dans cette voie.
- un système de commissionnement transparent. Comme aux Pays­-Bas, les intermédiaires financiers sont obligés pour obtenir leur commission de faire connaître le niveau de celle­-ci.
- une meilleure protection des particuliers qui empruntent à taux variable.
- un devoir d’information et de conseil des prêteurs.
- des sanctions légales contre les prêteurs qui ne respectent pas ces règles.
 
Trends.be

S'il n'en reste qu'un ...




KBC se bat contre cinq démons

lundi 17 octobre 2011 à 09h54
Ces trois derniers mois, le bancassureur flamand a perdu près de la moitié de sa valeur boursière. Nous avons tenté d'identifier ses points névralgiques actuels.
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Les derniers résultats semestriels de KBC Groep étaient meilleurs que prévu. Après six mois, le bancassureur enregistrait un bénéfice net de 1,15 milliard d'euros. «KBC reste une belle machine à bénéfices», concluait un analyste après la publication des chiffres au début du mois d'août. Avec un potentiel de bénéfice de 2 milliards d'euros sur base annuelle, c'est l'une des banques les plus rentables.
 
Pourtant, depuis début juillet, l'action KBC a perdu plus de 45 % de sa valeur. Entre autres parce que l'ensemble du secteur bancaire est sous pression. Les marchés n'ont plus confiance dans la façon dont on s'attaque à la crise de l'euro. Ils tiennent de plus en plus compte d'une faillite de la Grèce et d'une contamination d'autres pays. Avec une exposition de 500 millions à la Grèce et de 9,6 milliards aux cinq autres pays, KBC est moins concernée que d'autres banques.
 
Néanmoins, au cours de ces trois derniers mois, sa prestation boursière a été pire que celle de Dexia. Et c'est étonnant. Le portefeuille PIIGS de KBC n'est pas comparable à celui de Dexia. Le bancassureur flamand ne connaît pas non plus le problème du déficit de financement à court terme que connaît la banque franco-belge. Au contraire, KBC a un bon ratio loan/deposit (plus de dépôts d'épargne que de prêts) et donc une base de financement saine. De plus, KBC est beaucoup moins dépendant du financement interbancaire et donc moins soumis au récent stress ressenti sur ce marché.
 
Tous ces points positifs n'ont pas empêché les analystes d'abaisser systématiquement leurs cours cibles ces dernières semaines. Nous avons tenté d'identifier les principaux points névralgiques chez le bancassureur.
 

1. Le bénéfice va baisser

 
KBC Groep doit surtout ses beaux bénéfices du premier semestre aux provisions peu élevées qu'il a constituées pour couvrir les risques afférents aux opérations de crédit. La banque ne doit quasiment pas acter de pertes sur les prêts qu'elle octroie. Son credit cost ratio se situe à un faible niveau : 0,32 % (0,91 % en 2010 et 1,11 % en 2009).
 
La banque ne pourra pas garder ce niveau toute l'année, affirment des initiés. Et il y a des indicateurs dans ce sens. En Belgique, la croissance ralentit et le comportement de paiement des entreprises n'a jamais été aussi mauvais, signale le bureau d'informations commerciales Graydon. Plus les entreprises tardent à honorer leurs factures, plus il y a des entreprises qui rencontrent des difficultés. Comme KBC est le plus grand fournisseur de crédit flamand, il est logique qu'il en subisse les conséquences à terme.
 
Côté revenus, les fees and commissions sont sous pression (-13 % sur base annuelle) parce que les clients sont moins disposés à prendre des risques et que l' «usine à fonds de placement» de KBC tourne à un plus bas régime. Les salles des marchés et la gestion de fortunes souffrent aussi des conditions du marché. KBC compense ces baisses de revenus en recourant à une marge d'intérêt élevée et en maîtrisant les coûts. Mais il faut aussi tenir compte des désinvestissements qui ont été planifiés. Si tout se passe comme prévu, les ventes d'actifs peuvent écrémer le bénéfice de 20 %.
 

2. L'Irlande nécessite des provisions plus importantes

 
Le principal problème de KBC est sa banque irlandaise : KBC Bank Ireland. Celle-ci a émis des crédits pour 16,9 milliards d'euros, soit 10 % des crédits du groupe. Ces dernières semaines, il y a eu quelques signes macroéconomiques encourageants indiquant une lente amorce de reprise de l'économie irlandaise. Mais cette reprise est vulnérable et surtout axée sur les exportations.
 
Pour les Irlandais, la crise est tout sauf terminée. Leurs revenus sont sous pression et le chômage n'a jamais été aussi élevé. La consommation intérieure est encore toujours amorphe. Beaucoup d'Irlandais ont des problèmes financiers. Plus d'un crédit-logement sur 10 subit un retard de paiement. Cette situation accroît la pression sur le gouvernement irlandais pour qu'il vienne en aide à ses citoyens. Il a déjà élaboré des mesures de protection qui autorisent les emprunteurs à ne rembourser que l'intérêt (et rien ou seulement une partie du capital) pendant une période déterminée ou d'étaler les remboursements sur une plus longue période. Et on s'attend à ce que le gouvernement étende encore davantage ces mesures.
 
Cinquante pour cent des dettes hypothécaires irlandaises sont entre les mains de banques étrangères. Aux côtés de Rabobank, Lloyds et RBS, KBC est l'un des plus importants acteurs sur ce marché. Les crédits-logement accordés à des gens qui achètent une maison pour l'occuper eux-mêmes, représentent 9,7 milliards d'euros. C'est en principe la part la plus sûre du marché mais depuis juillet, on assiste à une hausse spectaculaire du nombre de défauts de paiement dans ce segment également. Le nombre de crédits à problème de KBC Bank Ireland a atteint 13,2 % au deuxième trimestre. Et entre-temps, la valeur des maisons continue à baisser.
 
Jusqu'à présent, KBC n'a pas constitué de cagnotte importante pour couvrir ses activités irlandaises. L'an passé, le groupe a certes pris une provision unique de 525 millions d'euros et y ajoute quelque 40 à 50 millions d'euros chaque trimestre mais c'est trop peu, selon le marché. Bon nombre d'analystes s'accordent à dire que le montant doit doubler pour atteindre 100 millions d'euros par trimestre.
 
Actuellement, KBC a mis quelque 850 millions d'euros de côté. Selon beaucoup d'observateurs, ce montant n'est absolument pas adapté à la perte réelle que la banque risque de subir sur ses crédits en Irlande. D'autres banques ont opté pour une plus grande couverture des risques de crédit. On s'attend à ce que KBC soit contraint d'acter une substantielle provision supplémentaire.
 

3. La Hongrie sera-t-elle l'Irlande de demain ?

 
Un autre pays à problème pour KBG Groep est la Hongrie. Ce pays est confronté à un important déficit public et le gouvernement Orban met tout en œuvre pour que la Hongrie ne devienne pas la Grèce de l'Europe de l'Est. C'est pourquoi il a pris toutes sortes de mesures de crise, comme l'introduction d'une taxe bancaire qui coûte 62 millions d'euros à KBC cette année. Mais fondamentalement, l'économie hongroise reste faible.
 
KBC détient des crédits en Hongrie pour un montant de 6,4 milliards d'euros. Comme en Irlande, le nombre de crédits à problème augmente d'un trimestre à l'autre. Fin juin, il y en avait 9,1 %. Mais 69 % de ceux-ci sont couverts par des provisions, ce qui est substantiellement plus que les 37 % de couverture en Irlande.
 
Dans le rapport de taux de change actuel de 230 à 240 forints pour 1 franc suisse, le nombre de crédits à problème peut encore fortement augmenter. KBC tient compte de 12 % de crédits à problème à la fin de l'année, ce qui résulterait en une augmentation des provisions de 24 millions d'euros. Entre-temps, la banque centrale suisse a placé une limite à la hausse de sa monnaie. Mais récemment, le Premier ministre hongrois a annoncé un plan visant à offrir aux Hongrois la possibilité de rembourser leurs crédits libellés dans une monnaie étrangère en bénéficiant d'une forte réduction. On appliquerait un taux de change de 180 forints pour un franc suisse. Cette mesure est susceptible de coûter beaucoup d'argent aux banques. Thomas Nagtegaal, analyste de RBS, pense qu'elle provoquera un «trou» de 171 millions d'euros dans les caisses de KBC. Provisoirement, il n'apparaît toutefois pas clairement si le plan sera adopté - la Commission européenne est très critique à ce propos - ni combien de Hongrois y auront recours.
 

4. Le programme de désinvestissement fait du surplace

 
En 2008 et 2009, KBC a reçu 7 milliards d'euros d'aide publique (3,5 milliards de l'Etat fédéral et 3,5 milliards de la Flandre). C'est la raison pour laquelle la Commission européenne a contraint le bancassureur à se défaire d'une partie de ses actifs. Dans une première phase, ils ont été vendus facilement mais cette année, le programme de désinvestissement ne progresse quasiment plus. Centea a certes été cédé à Crédit agricole mais en fait, cette opération fut une déconvenue car initialement KBC voulait vendre Centea en même temps que l'assureur Fidea (que KBC vient tout juste de céder à l’américain J.C. Flowers).
 
La vente de KBL, la branche de private banking de KBC, a échoué dans un premier temps. Le repreneur indien Hinduja s'est avéré inacceptable pour les organes de surveillance de sorte que le bancassureur a vu 1,6 milliard d'euros lui passer sous le nez. KBC a entrepris une seconde tentative de vente. Celle-ci se concrétise enfin en dépit des circonstances difficiles sur les marchés financiers. Le bancassureur flamand a en effet conclu un accord avec Precision Capital (entité luxembourgeoise qui représente les intérêts d'un investisseur de l'Etat du Qatar) pour un montant de 1,050 milliard d'euros.
 
La partie de son programme de désinvestissement qui devait rapporter le plus d'argent - l'entrée en Bourse de CSOB (République tchèque) et de K&H Bank (Hongrie) - a néanmoins été annulée. En échange, KBC vendrait sa banque polonaise Kredyt Bank et l'assureur Warta. Il s'agit en effet d'une opération qui suscite plus d'intérêt sur le marché. «Pour les activités en Pologne, il semble y avoir plusieurs candidats repreneurs et la valorisation y est aussi plus élevée qu'en Europe occidentale, souligne Rudy De Groodt, analyste de BNP Paribas Fortis Private Banking. Là, KBC peut peut-être encore bien s'en tirer à court terme. En tout cas, le marché veut voir se réaliser des ventes dans les prochains mois. Le quatrième trimestre sera le moment de vérité», conclut-il.
 

5. La menace de dilution en cas d'augmentation du capital

 
Comme le programme de désinvestissement fait du surplace, il n'y a pas d'argent supplémentaire qui entre dans les caisses de KBC. Et cette situation perturbe sérieusement les projets. Le groupe aimerait beaucoup rembourser une partie de l'aide publique à la fin de cette année. L'ex-directeur financier Luc Philips a exprimé publiquement son irritation concernant le taux d'intérêt de 8,5 % que KBC doit payer annuellement à la Flandre et à l'Etat fédéral. Le coût total de ces intérêts atteint 600 millions d'euros. La banque veut s'en débarrasser au plus vite. Fin 2011 se présentera une chance unique de racheter la participation de l'Etat fédéral moyennant le paiement d'une pénalité de 15 %. Chaque année que KBC attend pour procéder à cette opération entraîne 5 % de plus. A la Flandre, KBC doit en tout cas payer 50 % en sus du montant nominal.
 
Le problème est que la facture grimpe vite. Si KBC Groep rembourse 3,5 milliards tant à l'Etat fédéral qu'à la Flandre en payant en sus les pénalités respectives de 15 et 50 %, il devra mettre sur la table 9,3 milliards d'euros à la fin de l'année. Selon Matthias De Wit, analyste de Petercam, la banque a pour l'instant un excédent de capitaux de 3,5 milliards d'euros. Même si la vente des intérêts polonais et de KBL lui rapporte 3 milliards d'euros, il subsiste encore un déficit de 3 milliards d'euros.
 
De plus, dans les circonstances difficiles qu'on connaît actuellement, il ne semble pas intelligent pour les banques de réduire leurs matelas de capitaux. Une telle démarche entamerait la confiance des marchés qui utilisent de plus en plus 10 % du capital de base comme norme. Quelques analystes contactés par nos soins pensent que KBC décidera de rembourser partiellement l'aide publique à la fin de cette année. Quoi qu'il en soit, KBC ne dispose pas actuellement d'assez de capitaux pour rembourser l'aide publique et maintenir simultanément à niveau les matelas de capitaux. De sorte qu'une augmentation de capital semble indispensable. Les analystes partent du principe que KBC doit lever 2 milliards d'euros.
 
Mais il y a un problème : le cours boursier de KBC est à présent tellement bas qu'une augmentation de capital provoquerait une gigantesque dilution. On sait que certains actionnaires principaux (KBC Ancora et Cera) sont pour l'instant incapables de participer à une telle opération. Une augmentation de capital mettrait en danger le contrôle exercé sur le groupe. Et c'est un prix que les actionnaires préfèrent ne pas payer. «Une augmentation de capital n'aura lieu que s'il n'y a vraiment pas moyen de faire autrement. Pour certains actionnaires, c'est plutôt un plan C qu'un plan B», déclare clairement un insider.
 
Bref la crainte d'une éventuelle augmentation de capital est suspendue comme une épée de Damoclès au-dessus du cours boursier de KBC. De sorte que la banque est en fait prise dans un cercle vicieux. Tant que la situation n'est pas claire, le cours baisse. Plus le cours baisse, moins une augmentation de capital devient vraisemblable.
 
Patrick Claerhout