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mardi 12 novembre 2013

Home, Sweet Home ...



08:03 - 12 novembre 2013 par Petra De Rouck

Comment aider vos enfants à acheter une maison?


Acheter une maison est devenu un rêve inaccessible pour de nombreux jeunes. Quelques chanceux peuvent compter sur l’aide financière de leurs parents. Quelles sont les formules à privilégier?


Aujourd’hui, l’achat d’une maison absorbe une part significative du budget d’un couple lorsque les deux conjoints travaillent. Et même dans ce cas de figure, l’aide financière des parents est souvent indispensable. D’ailleurs, "environ 20% des acheteurs reçoivent un coup de pouce",observe John Romain, conseiller en planification financière chez Immotheker. "L’apport des parents n’est pas nécessairement versé au moment de l’achat. Il arrive qu’il soit versé avant", ajoute-t-il.

En 2012, l’apport personnel d’un couple qui acquérait son premier logement atteignait en moyenne 75.433 euros. Pour les isolés, il grimpait à 87.924 euros. "Dans un dossier de crédit, l’apport de fonds personnels constitue indéniablement un atout, car cela diminue le risque pour la banque. Pour un crédit à 30 ans, les banques exigent un apport qui représente au moins 20% du montant emprunté", poursuit John Romain. Compte tenu de cette exigence, l’âge auquel on est en mesure d’acheter son premier nid augmente. "Par rapport à 2007, l’âge moyen de la première acquisition a augmenté de trois ans en moyenne. Il est désormais de 34 ans pour les couples, et de 37 ans pour les isolés", explique le spécialiste.

Quelles sont les solutions qui s’offrent aux parents désireux d’aider leurs enfants?

LA DONATION

La solution la plus simple est d’offrir aux enfants une somme d’argent via un don manuel ou bancaire.

Le don manuel, consiste à donner de l’argent de la main à la main.

Le don bancaire est toutefois beaucoup plus répandu. Dans ce cas, l’argent est simplement transféré du compte bancaire des parents vers celui du ou des enfants.
L’avantage de cette méthode, c’est qu’aucun droit de donation n’est dû. "Les parents font ainsi ‘indirectement’de la planification successorale", explique Vincent Hovine, spécialiste en planification successorale chez Puilaetco Dewaay Private Bankers. En effet, si le donateur est encore en vie trois ans après la donation, aucun droit de succession ne sera dû sur la somme offerte.

Les donations enregistrées offrent toutefois davantage de sécurité. Au moment où la donation est enregistrée, on paie des droits d’enregistrement (3% en Régions flamande et bruxelloise, 3,3% en Région wallonne). Mais les choses sont alors entièrement réglées d’un point de vue fiscal: quel que soit le scénario, et donc même si le(s) donateur(s) décède (nt) dans les trois ans qui suivent, les enfants ne devront plus payer de droits de succession sur cette somme.

"Il faut peser le pour et le contre au moment de la donation. Si les parents ont un âge avancé, il est peut-être plus indiqué de privilégier la sécurité en optant pour la donation enregistrée", conseille Nathalie Labeeuw, avocate chez Cazimir. Même chose si le donateur est relativement jeune mais souffre d’une maladie grave, et si le risque qu’il décède dans les années suivant le don est bien réel.

Les droits d’enregistrement sont en principe à charge du bénéficiaire, mais dans la pratique, ils sont souvent payés par les parents…


Quid en cas de divorce ou de séparation?


"Lorsqu’ils font une donation, les parents se délestent d’une partie de leur capital, sans attendre un remboursement ou la moindre compensation", rappelle Jos Ruysseveldt, avocat et professeur à la Fiscale Hogeschool Brussel (Haute École Fiscale de Bruxelles). "La plupart d’entre eux souhaitent donc une certaine sécurité. Car ils s’inquiètent souvent de savoir ce qu’il adviendra de leur argent en cas de divorce ou de séparation."

Le scénario dépendra du régime matrimonial.

1. Dans le cas d’un couple marié sous le régime légal ou en séparation de biens, en cas de divorce, le beau-fils ou la belle-fille n’est pas en droit de s’attribuer une partie du capital qui a été offert à son conjoint. Les dons font en effet partie du patrimoine personnel.

2. Dans les cas — plutôt rares — de communauté universelle, le don fait par contre partie de la communauté de biens du couple. Dès lors, "pour éviter qu’un enfant n’apporte le don ultérieurement dans la communauté de biens, il suffit de spécifier dans l’acte de donation ou dans le pacte adjoint, que le don doit rester la propriété propre de l’enfant, et ne pourra être versé dans la communauté du mariage", poursuit l’avocat.

Vous pouvez en outre prévoir des garde-fous en verrouillant des clauses dans l’acte d’achat. "Si l’enfant est marié et achète une habitation avec son conjoint, l’acte d’achat peut comporter une clause appelée ‘déclaration de remploi’. Elle confirme qu’une partie du bien a été achetée grâce à des fonds propres, et qu’elle appartient en propre à l’enfant qui a reçu la donation", explique Nathalie Labeeuw.

Une autre alternative consiste à acheter l’habitation à 50-50, et à faire signer une reconnaissance de dette par le partenaire qui apporte moins. En cas de rupture, celui qui a bénéficié de la donation pourra réclamer à son ex-conjoint la somme que ses parents lui ont donnée. La reconnaissance de dette permet de fixer le montant qui devra être remboursé en cas de séparation. Il peut s’agir d’un montant nominal, ou d’un montant qui tient compte de l’augmentation de la valeur du bien immobilier dans lequel il est investi.

Quid en cas de décès prématuré?


Rares sont les parents qui envisagent un mauvais coup du sort. Mais qu’adviendrait-il de l’argent offert si leur enfant décédait avant eux."Nous conseillons d’ajouter une ‘condition résolutoire en cas de décès’, indique Vincent Hovine. L’argent offert reviendra ainsi au parent donateur sans qu’il doive s’acquitter de droits de succession. Comme si le don n’avait jamais existé."

"Cette clause de retour peut être optionnelle. Dans ce cas, le parent se réserve le droit de décider, en fonction de la situation, s’il souhaite ou non récupérer son argent", poursuit Ruysseveldt. Si l’enfant n’a pas de descendance, un retour peut dans ce cas être recommandé.

S’ils ont des petits-enfants, les grands-parents peuvent décider de les laisser hériter de cet argent. Il n’est en outre jamais exclu que le donateur soit alors malade ou souffre de démence et qu’il soit dès lors incapable de gérer l’argent restitué. "Enfin, les parents doivent réfléchir à la manière dont ils souhaitent éventuellement récupérer leur argent, conseille l’avocate Nathalie Labeeuw. Lorsque l’argent a été investi dans de l’immobilier, peu de parents souhaitent devenir propriétaires d’une petite partie de l’habitation familiale de leur enfant décédé. La plupart préfèrent récupérer l’argent et disposer d’une créance sur l’héritage."

Comment être sûr que l’argent servira bien à acheter une maison?


Certains parents pourraient craindre que leur enfant utilise l’argent qu’ils lui ont donné pour acheter une voiture de luxe ou faire un tour du monde plutôt que pour acheter une maison. Il n’est alors pas inutile de prendre des quelques précautions. Lors de la donation (ou dans le document qui l’accompagne), le donataire peut exiger que l’argent soit exclusivement destiné à l’achat d’un bien immobilier, et dans le cas contraire, se réserver le droit d’exiger le remboursement.

Comment traiter ses enfants sur un pied d’égalité…?


Les parents souhaitent en général traiter tous leurs enfants de manière équitable, mais dans les faits, ce n’est pas toujours évident. Ne fût-ce que parce qu’ils ne font souvent pas des dons à tous leurs enfants au même moment. La fille aînée peut être en âge d’acheter sa maison alors que son frère est toujours aux études.

Si les parents ont fait un don de leur vivant, il en sera tenu compte après leur décès, au moment du partage de l’héritage. Un don à un héritier est en effet toujours considéré comme une avance sur héritage. Sauf indication expresse que le don est fait "hors part".

Mais des dizaines d’années peuvent s’écouler entre le moment où le don et le décès des parents. Comment la valeur du don est-elle évaluée au moment du décès du dernier parent? "L’argent est toujours pris en compte à sa valeur nominale au moment du don, explique l’avocate Nathalie Labeeuw. Si les parents ont offert 10.000 euros 20 ans auparavant, lors du partage de l’héritage, on tiendra compte de 10.000 euros".

… ou, en avantager un en particulier?


Il arrive toutefois que les parents souhaitent gâter un enfant davantage que le ou les autres car il a eu moins de chance dans sa vie, par exemple. Dans ce cas, ils peuvent faire un don "hors part", indique Nathalie Labeeuw. Mais attention… En vertu de la législation belge, les enfants peuvent toujours réclamer leur part réservataire au moment du décès de leurs parents. Un enfant unique a droit automatiquement à la moitié de l’héritage. La part réservataire de deux enfants équivaut aux deux tiers de l’héritage, et celle de trois enfants et plus équivaut aux trois quarts. Les parents ne peuvent disposer librement que de la partie restante. S’ils ont fait une donation hors part, ils l’auront évidemment entamée.

LE PRÊT (avec remise de dette)

Certains parents ne souhaitent pas se céder définitivement leurs avoirs. Ils peuvent alors accorder un prêt à leur enfant qui, en principe, doit le leur rembourser. "Rien n’empêche toutefois de recourir à une remise de dette, souligne Ruysseveldt. Si l’enfant est marié sous le régime de la communauté de biens, les deux conjoints doivent rembourser le prêt ensemble. En cas de remise de dette, le don bénéficiera donc également au beau-fils ou à la belle-fille", fait remarquer Vincent Hovine.

Les parents peuvent accorder le prêt à un taux d’intérêt avantageux ou opter pour un prêt à 0%."Mais s’ils appliquent un taux d’intérêt, ils devront payer 25% de précompte mobilier sur le montant des intérêts", prévient le spécialiste en planification successorale.

Si les parents autorisent l’enfant à ne plus rembourser le prêt, la remise de dette sera considérée comme une donation. "L’échéance de trois ans minimum qui doit s’écouler entre la donation et le décès pour éviter le paiement des droits de succession commence le jour de la remise de dette" poursuit Vincent Hovine. C’est pourquoi je conseille toujours de signer un contrat de prêt entre les parents et les enfants. Ils disposent ainsi d’un document prouvant l’existence du prêt."

Cette preuve peut en effet se révéler importante en cas de décès de l’enfant. Le prêt représente en effet un passif dans son héritage, et est soustrait de la valeur du bien immobilier. Les parents ou les héritiers ne devront alors payer des droits de succession que sur l’actif net.

mercredi 14 août 2013

0 % ? @ Mon Argent




08:37 - 14 août 2013 par Caroline Sury

Ne vous laissez pas piéger par le crédit à la consommation


Dans certaines situations d’urgence, il est quasi impossible de se passer d'un crédit. Quelle formule choisir pour éviter les problèmes de remboursement? Où souscrire?




Les chiffres ne trompent pas: le crédit à la consommation continue à faire des victimes. Au mois de juillet, la Centrale des crédits a enregistré 460.581 contrats défaillants contre 440.603 en juillet 2012 (+4,5%). Le montant total des arriérés atteint désormais 1.756.872 euros, contre 1.701.019 euros en 2012 (+3,3%), soit un montant moyen de 3.814 euros par contrat.

Si vous avez vraiment besoin d’emprunter de l’argent – par exemple pour financer l’achat d’une voiture ou d’un réfrigérateur –, vous éviterez bien des problèmes en commençant par vous renseigner sur les différentes formules de crédit à la consommation disponibles. Certaines sont plus dangereuses que d’autres. Mal gérées, elles risquent de vous entraîner dans la spirale infernale du surendettement.


3 formules populaires  de crédit à la consommation

 * Le prêt à tempérament: un organisme financier met à votre disposition une somme d’argent dédiée ou non à un achat spécifique. Le contrat, conclu pour une durée déterminée, est remboursable par versements périodiques fixes, généralement mensuels. C’est typiquement le crédit utilisé pour acheter une voiture, faire des rénovations ou partir en vacances. Gardez toutefois à l’esprit qu’il vaut mieux éviter d’emprunter de l’argent pour un projet non essentiel ou qui ne permet pas de réaliser une plus-value.

* La vente à tempérament: lors de l’achat d’un bien, vous vous engagez à vous acquitter du prix en plusieurs paiements périodiques. La carte Visa de Carrefour permet par exemple d’étaler vos paiements pour l’achat d’un article unique en 3 ou 12 fois sans frais (respectivement pour un montant de plus de 75 euros ou de plus de 350 euros). Par contre, pour un article d’une valeur supérieure à 999 euros, cette carte offre la possibilité d’étaler le paiement en 24 mensualités, mais "au taux débiteur promotionnel fixe de 7,08% et 2,40% par an de frais de carte". Imaginons que vous vouliez acquérir un ordinateur de 1.000 euros. Vous payerez au total 1.101,60 euros, selon la simulation de Carrefour (soit une différence de 101,60 euros par rapport à un achat au comptant).

 * L’ouverture de crédit: vous recevez une réserve financière dont vous pouvez faire usage au gré de vos besoins. Dès l’instant où vous l’utilisez, vous avez la possibilité d’étaler vos paiements sur plusieurs mois, à condition de payer des intérêts périodiques. Le slogan "Emprunter de l’argent coûte aussi de l’argent" prend  ici tout son sens. Ce type de crédit est notamment disponible via la carte MasterCard proposée à l’accueil des magasins Media Markt. Sous réserve d’acceptation de votre dossier, vous obtenez une ouverture de crédit à durée indéterminée, utilisable n’importe où. C’est justement l’un des dangers dénoncés par les organisateurs de la journée sans crédit: "comme les ouvertures de crédit sont presque toujours à durée indéterminée, elles entraînent souvent les consommateurs dans l’endettement permanent ". Evitez dès lors de recourir à cette formule de crédit pour financer des achats indispensables.
BuyWay, l’organisme financier derrière la carte de Media Markt, tient toutefois à préciser que ses clients "ont le choix entre régler le relevé de leur dépenses mensuelles d'un coup, sans frais, et échelonner leur paiement moyennant des intérêts". Cette carte est assortie d’un TAEG de 14,50% pour un montant inférieur ou égal à 1.250 euros. Mais qu’est-ce que cela signifie?

L’impact du TAEG

Le TAEG ou Taux Annuel Effectif Global correspond au coût total d’un crédit sur une base annuelle. Il est fixé librement par chaque prêteur, dans les limites des taux maxima fixés par la loi. Actuellement, les ouvertures de crédit avec carte pour un montant inférieur à 1.250 euros sont fixées à 14,50%. Media Markt applique donc le taux le plus élevé du marché (voir le tableau "TAEG maxima” ci-dessous).



Est-il dès lors préférable de souscrire d’office aux offres de crédit proposant un TAEG faible ou égal à 0%? Non, car ces taux ne sont pas gratuits. En deçà de 3%, un prêt est en effet difficilement rentable. S’il s’agit par exemple pour l’achat d’une voiture, le concessionnaire se rattrapera autrement: en concédant une ristourne moins importante ou en accordant moins d’avantages ou d’options gratuites.

Avant d’accepter son offre, effectuez des simulations de prêts à tempérament ailleurs. "Comparez ce que vous devriez rembourser mensuellement si vous obteniez une réduction plus importante à l’achat, avec les intérêts que vous paieriez pour un emprunt auprès d’une banque", recommande Test-Achats.

L’association recommande aussi d’effectuer des simulations avec un autre montant et une autre durée. "Il peut en effet parfois être plus intéressant d’emprunter un peu plus que le strict nécessaire pour tomber dans une tranche assortie d’un TAEG moins élevé. Le TAEG pour un emprunt de 10.000 euros pourra être plus élevé que pour un emprunt de 10.001 euros".

Méfiez-vous également des promotions ponctuelles affichant des taux relativement bas par rapport au reste du marché. L’été dernier, plusieurs organismes de crédit ont proposé un taux fixe "bon marché" de 5,70% pour un prêt à tempérament. Il s’agit là d’un taux d’appel car plus le nombre de mensualités augmente, plus le TAEG sera important. En effet, ce taux était disponible pour un emprunt de 10.000 euros remboursé … en 12 mois chez Cofidis. Par contre, le TAEG passait à 11,5% pour un remboursement plus raisonnable d’une durée de 36 mois.

Comparaison et négociation

Pour vos besoins urgents de liquidité, vous avez toujours intérêt à privilégier le prêt ou la vente à tempérament (surtout si celle-ci permet d’étaler vos paiements sans frais). Mais n’acceptez pas la première offre venue. Dès l’instant où vous connaissez la somme que vous devez emprunter, faites votre shopping et comparez les offres de prêts disponibles sur le marché à l’aide d’un comparateur sur www.guide-epargne.be ou sur www.test-achats.be si vous êtes affilié.

Par exemple, pour un prêt personnel de 10.000 euros à étaler sur une période de 36 mois, la meilleure offre du marché est actuellement celle proposée par DHB Banque dont le TAEG est de 6,35%, pour un remboursement mensuel de 305,81 euros et donc des intérêts globaux de 1.009,08 euros. L’offre la plus chère est celle de elantis-direct: un TAEG de 10,50%, 325,02 euros de mensualités et 1.700,88 euros d’intérêts, soit une différence de 691,80 euros.

Ce comparateur ne reprend malheureusement pas tous les acteurs du marché. Carrefour dispose aussi d’une offre de prêt à tempérament: TAEG de 5,70%, mensualité 302,22 euros et intérêts de 879,92 euros, soit une différence de 129,16 euros avec DHB Banque et de 820,96 euros avec elantis-direct (reportez-vous au tableau ci-dessous).


PrêteurTAEGMensualités Intérêts globauxCoût de l'emprunt 
 Carrefour Finance 5,70%302,22€ 879,92€10.879,92€
 DHB Banque 6,35%305,81€ 1.009,08€ 11.009,08€ 
 elantis-direct 10,50%325,02€ 1.700,88€ 11.700,88€

Mais vous pouvez sûrement faire encore mieux. Les taux proposés dans le comparateur sont des taux officiels communiqués pas les différents organismes de prêt. Imprimez par exemple le top 3 des meilleurs taux disponibles et allez trouver quelques agences bancaires ou organismes financiers pour tenter d’obtenir une offre plus intéressante, comme vous le feriez pour votre emprunt hypothécaire. Qui ne tente rien n’a rien!

Car jacking ... autant savoir !



13:47 - 13 août 2013 par Caroline Sury


Que faire si votre plaque d'immatriculation a été volée?


Ce type de méfait est en augmentation constante et 2013 devrait battre tous les records. Que risquez-vous? Le nouveau certificat d’immatriculation sécurisé pourra-t-il partiellement endiguer ce phénomène?

En 2012, la police fédérale a rédigé 21.171 procès-verbaux pour vol et extorsion de plaques d’immatriculation sur l’ensemble du territoire belge, d’après les chiffres relayés par le groupe Sudpresse samedi dernier. Et le record devrait être battu cette année. En trois mois à peine (de janvier à mars 2013), 12.400 plaques ont déjà été volées, selon les statistiques du DIV (SPF Mobilité). Cela représente quasi 137 plaques par jour (contre 59 en 2005).
Si cela devait vous arriver, de nombreuses tracasseries administratives vous attendent: déclarez tout d’abord la perte ou le vol de votre plaque à la police locale dans les plus brefs délais (voir ci-dessous les risques liés à une plaque volée). Complétez ensuite un document destiné à rayer la plaque minéralogique volée et à attribuer au véhicule une nouvelle immatriculation.

Attention, préservez les documents de radiation de la DIV et le PV de vol pendant plusieurs années. Une  lectrice a en effet signalé que ses parents avaient reçu 3 procès-verbaux pour excès de vitesse liés à une plaque qui avait pourtant été radiée. "Et c'est à chaque fois à eux d'apporter la preuve que ce n'était pas leur véhicule et que la plaque ne leur appartenait plus!" 

À quoi sert une plaque volée?

Les plaques volées sont parfois utilisées lors d’attaques à la voiture-bélier. Mais les vols ne sont pas toujours le fait du grand banditisme: "Nous avons eu des cas où des personnes volaient des plaques d’immatriculation pour les utiliser sur leurs propres véhicules et ainsi éviter d'être inquiétées par les radars, explique Astrid Kaisin, porte-parole de la police fédérale. Car dans ce cas, un procès-verbal pour excès de vitesse arrive chez le propriétaire de la plaque en question. Nous pouvons toutefois procéder sans aucun problème à des vérifications sur le véhicule."

"Dans certains cas, plus rares, des plaques volées sont utilisées pour faire le plein et de quitter une station-service sans payer", affirme Dirk Valcke, directeur adjoint à la Direction de la lutte contre la criminalité des biens de la Police judiciaire fédérale.

Enfin, le vol ou la disparition de plaques peut être lié à un fait de vandalisme. En avril 2012, une cinquantaine de plaques d’immatriculation avaient été arrachées sur des véhicules en stationnement dans la commune d’Uccle. Une trentaine d’entre elles avaient été retrouvées disséminées dans des haies, des jardins, des poubelles et des boîtes aux lettres des alentours.


Documents de bord volés?

Attention, certains voleurs ne se contentent pas seulement de dévisser votre plaque d’immatriculation, ils prennent aussi parfois vos documents de bord (certificat d’immatriculation, et attestation de validité du contrôle technique). Idéalement, vous devriez systématiquement emporter ces documents avec vous lorsque vous quittez votre véhicule.

"Ces documents, et en particulier le certificat d'immatriculation et celui de conformité, sont utilisés par les voleurs pour réinsérer un véhicule volé dans le circuit normal d'un autre pays. De cette façon, ils créent une 'doublette'. Si ce véhicule blanchi est par la suite déclaré volé, le propriétaire initial des documents dérobés pourrait rencontrer des problèmes comme la saisie de son véhicule jusqu'à ce qu'il prouve qu'il en est bien le propriétaire et qu'il a été victime de ce système de doublette", explique Dirk Valcke.

De nombreux conducteurs s’assurent contre le vol de leurs documents de bord en les remplaçant pas une photocopie au sein de leur véhicule. Mais même s’il s’agit d’une pratique répandue, elle est interdite.


Certificat plus sécurisé

Notez qu’au mois de septembre 2013, un nouveau type de certificat d’immatriculation sera lancé. Plus sécurisé, il permettra de lutter contre l’escroquerie et le vol dans les véhicules. En effet, il sera composé de deux parties: le premier volet devra être conservé dans le véhicule et le seconde en dehors dans un endroit sûr. En cas de revente, il faudra être en mesure de présenter les deux parties du certificat d’immatriculation. En outre, il sera doté d’éléments de sécurité (papier protégé et filigrane).
En pratique, le double certificat sécurisé sera compris dans le prix de la plaque d’immatriculation (30 euros). Si vous changez de véhicule et que vous gardez la même immatriculation (européenne), le prix du certificat sécurisé sera alors de 26 euros.

Êtes-vous couvert par votre assurance?
Notez que "d’une manière générale, les assureurs n'interviennent pas en cas de vol de documents dans le véhicule car ces documents n’ont pas de valeur", précise Wauthier Robyns, le porte-parole d’Assuralia, l’Union professionnelle des entreprises d’assurances. Par contre, si le voleur a brisé une vitre du véhicule pour s’emparer des documents, vous pouvez faire intervenir votre assurance vol.
Si votre carte verte a également été dérobée, "prenez contact avec votre courtier afin d’obtenir un duplicata, car il s’agit d’un document obligatoire, prévient Wauthier Robyns, et tout véhicule est supposé circuler sous le couvert d’une carte verte en cours de validité."

mercredi 3 juillet 2013

Tendance brique .... en Belgique



07:30 - 03 juillet 2013 par Jean-Yves Klein


Crédits hypothécaires: les taux remontent… mais pas pour tout le monde


Le taux de référence belge à 10 ans est brutalement passé de 2% à 3%. Si ces 100 points de base acquis depuis début mai ne semblent pas devoir se répercuter sur les des carnets d’épargne, sur les crédits hypothécaires, en revanche, la hausse se fait déjà ressentir… En particulier pour les échéances longues. 

La fin du crédit bon marché?




Est-ce la fin du crédit bon marché? Et faut-il encore profiter de cette fenêtre de tir avant que le crédit ne devienne vraiment plus cher? En tout cas pour ce banquier de la place bruxelloise, les taux des crédits hypothécaires sont indiscutablement repartis à la hausse. "Nous avons augmenté de 10 centimes vendredi, après 5 centimes la semaine passée, 10 centimes la semaine d’avant et 6 centimes la semaine précédente. Mais comme vous le savez, les banques lissent les variations de l’OLO. En fait, mon plus bas et quand je dis plus bas c’est depuis 60 ans - remonte à juin 2012: 2,82% pour le 15 ans fixe par exemple. Aujourd’hui, je suis à 3,20%, c’est-à-dire le niveau de fin 2011".

La vérité, c’est que les banques ont surtout mis à profit la baisse des taux précédente pour engranger des marges. "Cela se compte en dizaines de centimes, et toutes les banques l’ont fait".

Ceci posé, la hausse des tarifs ne touche pas toutes les catégories de prêt de la même façon. "Ceux qui en prennent plein la figure pour l’instant, ce sont indéniablement les prêts à long terme. Notre 30 ans fixe va passer à 4,35%, soit 1% de plus qu’en juin 2012!, reprend le banquier. C’est pour cela que nous conseillons beaucoup le semi-fixe. Pour le 10-5-5, on est à 2,94%, un très bon taux. Et d’ici 10 ans, nos clients verront bien ce qui se passera. Leur situation aura évolué, ils pourront peut-être racheter leur prêt…"

De fait, les banques n’aiment pas prêter à long terme à un taux fixe, car "elles calculent leur rentabilité sur 7 ans, explique John Romain, d’Immotheker. Maintenant que les taux sont très bas et qu’ils ne peuvent donc que remonter, elles veulent se couvrir et préfèrent pousser leurs clients vers des échéances plus courtes ou du semi-fixe. Mais il faut quand même faire attention à votre budget: même si c’est dans dix ans, serez-vous capable de soutenir une hausse du taux?".

Yves Evenepoel, de Test-Achats, appelle aussi à la prudence concernant les taux variables. "N’oubliez pas que ce sont les taux variables aux Etats-Unis qui sont à l’origine de la crise. Même si les prêts hypothécaires sont encadrés par la loi en Belgique, on peut doubler les intérêts exigés et, pour peu que les salaires n’augmentent pas beaucoup parce que la crise persiste et parce qu’il y a peu d’inflation, un couple peut se retrouver en difficulté à la première révision, même si c’est après 10 ans. Les enfants qui grandissent, ce sont aussi les charges du couple qui augmentent".

En réalité, "seules les compagnies d’assurances peuvent encore offrir des taux intéressants à long terme, car leur funding est puisé dans la branche 21, et non dans les carnets d’épargne. Vous pourrez trouver du 30 ans fixe à 3,95% contre 4,74% chez les banques. Mais il y a peu d’assureurs sur le marché et ils n’affectent que peu de moyen au crédit hypothécaire: 100 ou 150 millions d’euros tout au plus", poursuit John Romain.

Selon les moyennes compilées par immotheker.be, depuis le plus bas de l’OLO touché le 8 mai (1,97%), le 25 ans fixe (avec conditions) est passé de 3,67% à 3,91% (+0,24%) alors que le 20 ans fixe n’a dans le même temps augmenté que de 0,20% à 3,75% et le 15 ans fixe, de 0,15% à 3,45%.

Une hausse marquée certes, mais qui reste donc relativement modeste: au pire, les banques n’ont répercuté qu’un quart environ de la hausse de l’OLO jusqu’à présent.

Et concentrée sur les échéances longues, avec une différence de 0,40% entre le 25 ans fixe et le 30 ans fixe.

Yves Evenepoel tempère: "Vous pouvez trouver du 30 ans fixe à 3,95% aujourd’hui contre 3,70% en juillet 2012. Et en moyenne, les taux que nous répertorions sont en hausse de 0,20%. Donc oui, ça monte, mais les taux sont encore extrêmement bas dans une perspective historique".


Les profils qui rient et ceux qui pleurent


Le profil des emprunteurs a-t-il changé ? "Beaucoup, s’étonne notre banquier bruxellois.Je n’ai pratiquement plus de jeune qui vient acheter son premier logement. Avant j’avais 2 logements pour 1 investissement. Aujourd’hui c’est l’inverse car les gens qui ont un peu d’argent ne savent plus où le placer. J’ai aussi énormément de Français qui achètent des maisons à prix d’or du côté du Châtelain. Et ce ne sont plus des exilés fiscaux pur jus qui viennent avec leur magot, mais plutôt des entrepreneurs qui créent de l’emploi et qui déménagent en Belgique". Et qui empruntent donc.

Quant au "petit jeune", on peut dire qu’il est carrément mis sur la touche. "Depuis février, on ne peut plus prêter pour les frais de notaire, ce que nous faisions régulièrement avant, par exemple via un prêt à tempérament. Même si le profil et le revenu sont excellents, on ne peut plus l’accorder. BNP Paribas est plus strict encore: pas de prêt de plus de 15 ans pour une maison de rapport. Et, pour un logement, il doit rester 1.250 euros dans la poche de l’emprunteur, ce qui est très difficile pour nombre d’entre eux".

Une tendance que confirme immotheker.be. "Oui, les conditions sont encore plus strictes. Emprunter 100% de la somme est de plus en plus un problème. Ou alors il faut des garanties sur 10 ou 15% du montant".

Les "investisseurs", s’ils sont peut-être plus nombreux dans (les beaux quartiers de) la capitale, ne constitueraient toutefois que 15% des dossiers des prêts à l’échelle nationale.

Et la formule ne convient d’ailleurs pas forcément à toutes les catégories d’âge. "Vous savez, il y a des gens de 55 ou 60 ans qui viennent me trouver pour un investissement. Mais ils doivent bien se rendre compte qu’avec 15% de frais de notaire, il faut 3% de plus-value par an pour amortir ces frais sur 5 ans. Si la plus-value n’est pas au rendez-vous et que la situation économique se dégrade, gare aux mauvaises surprises... Et puis il faut bien penser au coût que représente un investissement immobilier lors d’une succession, si on se place d’un point de vue patrimoine familial global", pointe John Romain.

Est-il devenu plus difficile de négocier son prêt ? "Pas du tout, on négocie toujours aussi facilement… mais quand on est en position de le faire. Ce qui a changé c’est l’appréciation du risque par les banques", selon le banquier. "Depuis la crise, les banques ont très fort segmenté le marché: il n’était plus possible d’accorder les mêmes prêts à tout le monde, explique John Romain. Mais sous les taux plancher, il y a toujours les taux cave dont jouissent 6% des acheteurs parce que toute leur famille a du bien dans la même banque. Pour eux, rien n’a changé: si l’an passé ils avaient droit à du 3,50%, aujourd’hui ils ont toujours du 3,50%". Quant à la position officielle des banques belges sur les prêts hypothécaires, elle ne nous apprend strictement rien si ce n’est qu’elles "suivent de près l’évolution des taux".


Pression sur les prix ?


Selon les études, une hausse de 1% des taux des prêts hypothécaires entraînerait une baisse de… 5 à 7% des prix des habitations. Voilà qui, en théorie du moins, devrait exercer une sérieuse pression sur les prix de ce marché belge qui a pourtant l’air de résister à toutes les "intempéries". Mais d’une part la corrélation avec l’évolution de l’OL0 n’est pas si forte qu’on ne pourrait le penser et, en outre, "on ne va pas voir cette force s’exercer tout de suite car il y a assez de funding dans le pays. Il y a bien un peu de fonds qui s’en vont aux Pays-Bas via Rabobank ou en France via BNP Paribas mais les carnets croulent toujours sous l’épargne des Belges et ceux-ci sont parvenus à maintenir leur taux d’épargne au niveau exceptionnel de 15,50% de leurs revenus disponibles", relève John Romain.

mercredi 29 mai 2013

Dura ... sed lex ! in Belgium


09:24 - 29 mai 2013 par Petra De Rouck

Votre ex pourrait-il revenir habiter dans la maison?


  • Si vous êtes divorcé et que vous avez des enfants, restez vigilant tant qu’ils sont mineurs. Car en cas de décès, votre ex pourrait venir occuper votre habitation et encaisser les revenus de vos biens!



Même si elle paraît injuste, cette histoire est parfaitement conforme à la loi. Comment la femme peut-elle avoir le droit de retourner habiter dans la maison que son ex lui a rachetée à prix d’or? Les ex-partenaires ne peuvent plus hériter automatiquement l’un de l’autre après que le divorce a été prononcé. Il n’existe plus de droit à la succession pour des ex-conjoints. Si le ex peut occuper la maison, c’est dû au fait que les enfants sont mineurs. Selon les règles légales, ils sont les héritiers de leur père décédé. Ils reçoivent donc la totalité de la succession. Mais tant qu’ils sont mineurs, ils restent "incapables" sur le plan juridique; autrement dit, ils ne peuvent gérer eux-mêmes leur patrimoine. Jusqu’à leurs 18 ans, c’est l’autre parent, donc l’ex-partenaire, qui va exercer l’autorité parentale. Et c’est là que réside le danger.

L’autorité parentale, c’est d’abord le droit - mais aussi l’obligation - de gérer les biens des enfants: les conserver, en encaisser les revenus, mettre les immeubles en location au moins pour 9 ans… Le parent doit le faire pour maintenir le patrimoine des enfants en état et le faire fructifier. Il ne peut toutefois pas disposer de ce patrimoine à sa guise. En vertu d’une série de mécanismes légaux de protection, le juge de paix doit par exemple donner son accord pour l’achat, la vente ou l’hypothèque d’un immeuble. Lorsque l’enfant devient majeur, le parent devra rendre des comptes sur la manière dont il a géré les biens.

Outre la gestion, le parent a aussi la jouissance des biens: il peut puiser les "fruits" de ce que possèdent les enfants, aussi longtemps qu’ils sont mineurs. L’ex-partenaire perçoit dès lors tous les revenus et produits des biens des enfants, y compris de ce dont ils ont hérité. Cela signifie par exemple qu’il peut empocher les intérêts et les dividendes de l’argent et des placements. Si les enfants ont un immeuble, l’ex peut y habiter ou en encaisser les loyers. Cette jouissance vise à permettre au parent de remplir son devoir d’entretien et d’éducation. Lorsque l’autorité parentale prend fin, le parent ne doit en rien justifier de ce qu’il a fait de ces produits.

Que faire pour éviter que votre ex profite de l’usufruit ?

La loi prévoit quelques solutions.

Dans votre testament, retirez explicitement l’usufruit à votre "ex"

Que faire si vous voulez éviter cette jouissance par votre ex? 

La loi prévoit explicitement une solution. Vous pouvez retirer par testament au parent survivant la jouissance légale des biens dont vos enfants mineurs ont hérité. "Ce retrait de la jouissance parentale, mieux vaut le formuler de manière générale, de sorte que cela ne se limite pas à l’occupation de la maison", conseille Ann Maelfait, avocate chez Rivus. 

Qui va alors obtenir la jouissance suite à ce retrait? "Les produits reviennent alors aux enfants eux-mêmes."


Établissez une clause d’administration

"Même quand la jouissance parentale est retirée, les biens des enfants mineurs restent soumis à l’administration parentale. C’est donc toujours bien votre ex qui prend les décisions de gestion", précise Ann Maelfait. Dans la doctrine, il y a une discussion sur le fait de savoir si on peut aussi retirer l’administration parentale à un parent par testament et la confier à un tiers. C’est possible jusqu’à la majorité des enfants, ou même plus tard jusqu’à ce qu’ils aient 27 à 30 ans. À cet âge, les enfants sont en principe suffisamment posés pour pouvoir gérer leurs biens. Retarder davantage l’échéance ne serait pas compatible avec le droit successoral, car ils ne pourraient jamais disposer librement de leur succession. "La doctrine dominante accepte ce type d’administration. En pratique, je conseille le plus souvent d’exclure dans un testament la jouissance parentale et de combiner cela à une clause d’administration jusqu’à 27 à 30 ans", indique Ann Maelfait.

Assurez-vous que votre testament sera exécuté par une disposition alternative

L’exclusion de la jouissance parentale et de l’administration sont des conditions supplémentaires qui sont couplées au legs. Ce legs doit être accepté par le parent survivant, avec l’autorisation du juge de paix. Pour garantir le respect des conditions supplémentaires, on peut prévoir une disposition alternative dans le testament. "Vous indiquez que vos enfants - autrement dit: le parent survivant -, ont le choix entre accepter le legs avec toutes les conditions qui y sont liées, ou accepter une part moindre de la succession, à savoir uniquement la réserve de l’enfant, sans condition", suggère Ann Maelfait.
Exemple

Si vous avez deux enfants, vous indiquez qu’ils ont chacun droit à la moitié de la succession à la condition d’exclure la jouissance parentale et que ce patrimoine soit géré jusqu’à leurs 27 ans. Si les enfants - lisez: l’autre parent - refusent cette condition, ils peuvent choisir de ne recevoir que leur part réservataire, à savoir chacun un tiers libre de toute charge. "Grâce à cette alternative, vous poussez le parent survivant à accepter les conditions du testament. Dans la procédure d’autorisation, le juge de paix veillera toujours à privilégier au maximum les intérêts financiers des enfants mineurs. Et c’est évidemment la moitié de la succession, avec les conditions qui y sont liées", selon Ann Maelfait.
Adaptez les statuts de l’entreprise familiale

La jouissance est aussi un point à ne pas perdre de vue si vous avez une entreprise familiale. Les actions de cette entreprise tombent dans la succession. Ce sont les actionnaires qui décident de la nomination et de la démission du gérant. Ce sont aussi eux qui décident de distribuer ou non un dividende. S’il a l’administration parentale des actions dont les enfants ont hérité, l’ex aura leur droit de vote à l’assemblée générale. Il a ainsi son mot à dire dans l’entreprise familiale. "C’est pourquoi il peut être important de régler dans les statuts de l’entreprise familiale la succession de la gérance", avertit Ann Maelfait. "Ce n’est cependant pas possible dans une société anonyme, mais bien dans une SPRL."

mercredi 7 novembre 2012

Next step ?



07:58 - 07 novembre 2012 par Caroline Sury

Qui aide les indépendants proches de la faillite?




2012 pourrait être une année record en nombre de faillites. Où les entrepreneurs en difficultés peuvent-ils trouver de l’aide et des conseils?
Le mois d'octobre a enregistré un nombre record de faillites, 1.210 entreprises ont bu la tasse, selon le bureau d'études Graydon. Il s'agit d'une hausse de 7,18% par rapport au mois d'octobre 2011. Et depuis le début de l'année, ce sont 9.156 entreprises qui ont fait faillite (+4,86% par rapport à la même période un an plus tôt).
L’année dernière, 10.138 faillites avaient été recensées.Mais cette année, "on risque de franchir le cap des 11.000", s'inquiète Benoit Rousseau, le directeur juridique du Syndicat des Indépendants et des PME (SDI). Il y a en effet peu d'espoir d'amélioration compte tenu du contexte économique qui a de multiples conséquences néfastes: retards de paiement, reports de commandes, difficultés pour obtenir de nouveaux crédits, etc.

Quand déclarer faillite?

Un commerçant fait en principe aveu de faillite quand il ne parvient plus à régler ses dettes. Ce n'est pas un choix mais une obligation légale qui ne se résume pas à l'insolvabilité. Deux conditions doivent être réunies: être en cessation de paiement et avoir son crédit ébranlé.
La faillite n'est toutefois pas une fatalité. Un indépendant qui rencontre des difficultés financières passagères peut invoquer la loi sur la continuité des entreprises. Si son dossier est accepté par le Tribunal de Commerce, il aura la possibilité de se réorganiser en étant momentanément à l'abri de ses créanciers.
S'il ne peut y échapper, l'indépendant a tout intérêt à solliciter sa caisse d'assurances sociales pour bénéficier de l'assurance faillite. Il s'agit d'une allocation mensuelle de 1.027.28 euros (pour les isolés) ou de 1.336,54 euros (pour les ménages) d'une durée maximale de 12 mois. Cette assurance garantit également le maintien des droits sociaux en matière d'allocations familiales et d'assurance maladie-invalidité - secteur soins de santé - pendant quatre trimestres maximum.

Comment se protéger?

Si l'indépendant n'a pas prévu d'établir une distinction entre son patrimoine privé et ses actifs professionnels, et si ces derniers ne suffisent pas à rembourser l'ensemble des créanciers, l'indépendant pourra être dessaisi de ses biens personnels. Il aura néanmoins le droit de garder des meubles indispensables à sa vie familiale. Alors bien avant une éventuelle faillite et l'apparition de dettes, les indépendants peuvent protéger leur maison en passant un acte devant notaire (coût: environ 1.000 euros). Attention, cette pratique peut restreindre l’accès au crédit puisque l’habitation privée ne peut plus servir de garantie. Les indépendants peuvent également protéger une partie de leur patrimoine en adoptant un régime de séparation des biens.
Où trouver de l'aide?
Pol Vermoere de Tussenstap, une ASBL qui vient en aide aux indépendants en difficulté, constate aussi qu'en cas de faillite, l'indépendant atterrit dans un monde inconnu où il a du mal à trouver des conseils adaptés à sa situation. "Les entrepreneurs en difficulté, et plus particulièrement les entrepreneurs faillis ont grand besoin d'être informés de leurs droits et obligations. Ils ne savent généralement pas ce qu'ils peuvent attendre des prestataires de services juridiques et économiques et des mandataires de justice. Ils vivent dans la peur, ignorant quelles conséquences la procédure de faillite aura sur leur patrimoine et sur leur accès à une nouvelle activité."
Cindy Torino, conseiller juridique du Centre pour Entreprise en difficulté, confirme et ajoute: "Quand vous êtes starter, les portes vous sont ouvertes un peu partout. Mais quand vous êtes en situation de faillite, plus personne ne s'occupe de vous car vous n'avez plus moyens de payer. C'est un cercle vicieux."
"En effet, les entrepreneurs en difficulté ne sont pas forcément en règle de paiement avec les factures de leurs experts-comptables, qui doivent eux aussi assurer la survie de leur propre entreprise", indique Pol Vermoere. "Pourtant, ils ont souvent plus besoin d'un audit économique et financier de leur entreprise que les dirigeants d'entreprises saines." Pour éviter le pire, il est donc nécessaire dès le début d'une activité d'analyser en permanence sa situation comptable et financière avec l'aide d'un ou plusieurs experts. "Car si lancer une entreprise est une bonne décision, l'arrêter à temps aussi", conclut Cindy Torino.
  • À Bruxelles: Centre des Entreprises en difficultés (www.ced.be)
  • En Wallonie: Centres interprofessionnels de prévention des risques d'entreprises (www.ucm.be)
  • En Flandre: Tussenstap (www.tussenstap.be) et Efrem (www.efrem.be)
  • Outil: autodiagnostic de la performance d'une entreprise (http://cefip.performaction.be)