jeudi 7 avril 2011

Mitoyenneté

Quels sont vos droits sur le mur mitoyen?

HABITAT

Les querelles entre voisins concernent souvent la clôture ou le mur délimitant leurs parcelles. Qui en est le propriétaire? Qui assume son entretien, les frais de réparation et autres?

(mon argent) - Une enceinte ou un mur érigé sur la ligne de séparation de deux parcelles: c'est ce qu'on appelle le mur mitoyen. Les voisins ne sont pas chacun propriétaire de la moitié de mur situé sur leur parcelle, mais propriétaires du mur entier en indivision. Ce qui implique des droits et obligations.

Commun ou non?

Première chose à déterminer: quel mur est commun, quel mur ne l’est pas ? "On peut présumer légalement qu’un mur est mitoyen dès lors qu’il sert de séparation entre deux bâtiments ou entre deux cours ou jardins", définit maître Astrid Clabots du bureau Argus. Mais on peut aussi se référer à d’autres éléments (jugement, acte de reprise de mitoyenneté, acte de donation ou de partage). "La présomption de communauté est cependant réfutable", précise Astrid Clabots. Lorsqu’un mur fait seulement office de séparation entre un bâtiment et une cour ou un jardin, il n’est pas supposé être mitoyen.

Vos droits

Une série de droits découlent de la copropriété d'un mur mitoyen.

"Pour donner une nouvelle affectation au mur, vous devrez demander l’autorisation du voisin. Les frais seront évidemment à votre charge, le cas échéant", affirme Astrid Clabots.

Ce que vous pouvez faire

  • le peindre
  • le couvrir de lattes
  • poser des tuiles
  • enfoncer des clous
  • suspendre des plantes
  • introduire des poutres jusqu’à 54 millimètres
  • placer des panneaux publicitaires
  • creuser des ouvertures et des trous avec l’autorisation de l’autre propriétaire

Vos obligations

Chaque voisin doit assumer la moitié des frais d’entretien, de réparation et de reconstruction proportionnellement à sa part de propriété. "Dans la plupart des cas, les deux voisins sont propriétaires à parts égales. Mais il arrive qu'un mur soit la propriété de plusieurs personnes, comme dans un immeuble à appartements qui compte plusieurs occupants", note maître Clabots.

Que se passe-t-il lorsqu’un propriétaire estime que l’utilité de réparation n’est pas assez grande par rapport aux coûts?

"Le copropriétaire peut renoncer à ses droits de copropriété, et ne sera alors plus contraint de participer à la réparation ou reconstruction du mur", affirme Clabots. Pour autant que les bâtiments ne s’appuient pas sur ce mur mitoyen. "Une fois qu’il a renoncé à ses droits, l’ex-copropriétaire ne peut plus utiliser le mur. La décision est définitive. Il devra en outre autoriser que les travaux de réparation et d’entretien soient exécutés à partir de chez lui."

Si les dégâts découlent de la faute d’un voisin ou d’un tiers, c’est ce dernier qui devra supporter seul les coûts de réparation ou de reconstruction.

Rehaussement d’un mur mitoyen

Chaque copropriétaire peut rehausser le mur mitoyen, mais à ses frais. Il sera également responsable des frais d’entretien de la partie supérieure au mur citoyen d’origine. Il pourra être contraint de verser une indemnité pour la charge accrue de la partie existante (entretien supplémentaire, etc.). Si le mur mitoyen ne peut supporter le rehaussement, celui qui souhaite le rehausser devra le reconstruire totalement à ses frais. L’épaisseur supplémentaire nécessaire devra mordre de son côté. Le voisin qui n’aurait pas participé au rehaussement pourrait acquérir la mitoyenneté de la totalité en versant une indemnité (voir par ailleurs).

REPRISE DE MITOYENNETÉ

Si le mur n’est pas mitoyen et que vous souhaitez vous y appuyer pour construire, il vous faudra le rendre mitoyen et verser pour cela une indemnité à votre voisin.

"La reprise de mitoyenneté est tantôt une obligation, tantôt un droit", précise Astrid Clabots. "Si vous faites construire, vous avez le droit d’appuyer votre construction sur le mur. Vous avez le choix de rendre ou non ce mur mitoyen." Dans deux autres cas, vous y êtes contraint. "Première hypothèse: vous vous appropriez le mur en fixant un système d’isolation au mur d’attente, par exemple. Deuxième hypothèse: en ville et en banlieue, on peut contraindre son voisin à contribuer à la construction et à la réparation de la séparation de maisons, cours intérieurs et jardins". Cela sert à garantir l’intimité suffisante aux occupants dans les zones où l’espace est limité. L’apparence de cette séparation diffère d’une commune à l’autre. "Dans la pratique, de nombreux problèmes peuvent survenir. Quid lorsqu’un voisin souhaite une nouvelle séparation pour remplacer la précédente? Aucun souci si les deux voisins sont d’accord. Mais dans le cas contraire, le juge de paix tranchera.

Petra De Rouck - 08:37 - 07/04/2011 Copyright © monargent.be

lundi 4 avril 2011

Gourous ?

Le gourou (du sanskrit गुरु gurū) dans sa définition de guide spirituel, dans l'hindouisme, le bouddhisme, chez les Sikhs ainsi que dans de nombreux groupes religieux plus récents, est une figure d'autorité respectable. Dans l'Inde contemporaine, le mot gourou est utilisé pour désigner le professeur, celui qui enseigne et dont le crédit repose sur la tradition spirituelle à laquelle il appartient et dont il a suivi les enseignements et pratiques, ou sur son éveil spirituel.


Soros a-t-il encore du flair pour les actions?

INVESTIR

Au cours du dernier trimestre 2010, Soros Fund Management, le véhicule d’investissement du gourou boursier George Soros, a élargi son portefeuille à plus de 250 nouvelles actions. Avec quelles performances jusqu'à présent ?

(mon argent) – Les gourous comme Warren Buffett ou George Soros captent toujors l'attention des investisseurs particuliers. Considérés comme les meilleurs gestionnaires de leur temps, ils ont réussi à se construire un patrimoine qui les a propulsé parmi les plus nantis de la planète. Il n’est donc pas inintéressant de s’intéresser à leurs choix (ou à ceux de leur véhicule d’investissement). Premier constat, tout ce que gourou touche n’est pas or…

Leurs décisions, les investisseurs institutionnels ne les crient pas sur tous les toits. Leurs placements, on ne peut souvent que les acter a posteriori. Pour avoir vue sur le portefeuille de George Soros, nous nous basons sur un formulaire, répondant au doux nom de 13F-HR, que les investisseurs institutionnels doivent remettre chaque trimestre à l’autorité américaine des marchés financiers pour rendre publiques leurs positions en actions. En comparant le rapport le plus récent (quatrième trimestre de 2010) avec celui du trimestre précédent, nous pouvons identifier les nouvelles actions acquises par Soros Fund Management entre début septembre et fin décembre 2010. Seule inconnue, comme le rapport se fait avec un certain décalage, on ne sait pas si ces actions font encore partie du portefeuille à l’heure actuelle.

Top 10

Au cours de dernier trimestre de l’an passé, le véhicule d’investissement de George Soros a pris en considération plus de 250 nouvelles actions. Voici un tableau des 10 principales participations et l’évolution de leur cours depuis le début de cette année:

Action
Evolution cours depuis 1/1/2011*
Evolution cours 2010*
Best Buy
-14,8% -12,0%
BHP Billiton
+1,6% +19,0%
General Motors
-14,4% +8,1%
Petrobras+3,6% -22,0%
Greenbrier+31,8%+102,0%
United Continental Holdings
+0,1%+80,0%
Steel Dynamics
+5,1% +4,6%
Federal Mogul
+20,6%+19,0%
ArcelorMittal-3,6%+18,0%
URS+9,3% -7,0%

* En dollars US, le 31/3/2011

La nouvelle action avec le poids le plus élevé est Best Buy, la plus grande chaîne d’articles électroniques des États-Unis, également active au Mexique, Canada, China, Turquie et Royaume-Uni. Capitalisation boursière de l’entreprise : 11,5 milliards de dollars. L’année dernière, l’action a reculé de 12%.

Pour les actions de BHP Billiton, les gestionnaires de Soros Management Fund avaient décaissé 72,5 millions de dollars. La société minière australienne est l’un des grands formats mondiaux, active notamment dans l’extraction de fer, pétrole, nickel, uranium, titane, or et diamant. Soros avait indiqué plus tôt dans l’année, lors du Forum économique mondial de Davos, que le boom sur les matières premières pouvait durer " quelques années encore " avant que l’offre ne rattrape la demande.

Un autre nouvel arrivant par rapport à l’an dernier est General Motors. Avec une capitalisation boursière de 49 milliards de dollars, le géant américain n’est pas sorti indemne de la crise financière, loin s’en faut. En 2009, le géant de l’automobile a bénéficié d’une protection contre ses créanciers, reçu 50 milliards de dollars d’aides publiques et dû restructurer le groupe en profondeur. L’an dernier, la société a repris le chemin de la bourse : depuis le cours de l’action s’est déjà tassé de presque 8%.

Le pétrolier brésilien Petrobras fait aussi partie du portefeuille de Soros. Cette semaine encore, Mark Mobius, directeur star de Franklin Templeton Investment Management, annonçait qu’à ses yeux le prix du pétrole pourrait rester au-dessus de 100 dollars, ce qui l’a incité à augmenter sa participation dans le pétrolier brésilien. L’année dernière, le cours du producteur de pétrole et de gaz avait, il est vrai, fait un plongeon de presque 20 pour cent, dont l’une des grandes victimes a été le Bovespa, l’indice phare du Brésil. Depuis le début de l’année, Petrobras a progressé de 3,6%.

Le top 5 comprend également Greenbrier, un fabricant américain, notamment de wagons de chemin de fer. Dans le courant de l’année dernière, l’action a fait un fameux bond. Le cours a carrément doublé. Avec une capitalisation boursière de 688 millions de dollars, la société fait figure de petit poucet par rapport aux autres du top 5.

Sven Vonck - 16:48 - 01/04/2011 Copyright © monargent.be

1944 Bretton Woods


Posté le 1 avril 2011 par Bruno Colmant

L'or et Bretton Woods

ImagesCALPGNUF

Les récentes décisions de certaines banques centrales de reconstituer des réserves en or rappellent les accords de Bretton Woods. Formulés en 1944, ceux-ci postulèrent une parité fixe entre les monnaies des pays développés, fondée sur l’étalon-or. Ce système, qualifié de Gold-Exchange Standard, définit les devises dans un rapport au dollar, qui lui-même est rattaché à l’or dans une proportion de 35 dollar pour une once (31 grammes).
Dans ce système, il était convenu que la convertibilité des dollars en or ne soit pas effectuée. En d’autres termes, les États-Unis exigèrent que les Banques centrales étrangères, détentrices de dollars, ne réclament pas leur conversion en or. Ce système conduisit à établir la suprématie du dollar sur l’économie mondiale, puisque la croissance et l’inflation étaient définies par ce pays.
Les accords de Bretton Woods opposèrent deux thèses et il y eu une profonde dissension sur les orientations monétaires. Les deux protagonistes en furent l’anglais Keynes et l’américain White (1892-1948), assistant du Secrétaire au Trésor des États-Unis. A la fureur de Keynes, White établit le Gold Exchange Standard, sans doute parce que les États-Unis possédaient le plus important stock d’or.
Keynes qualifiait l’étalon-or de relique barbare et réfutait les références aurifères car celles-ci conduisaient à une dominance des pays en déficit commercial, capables d’imposer leur puissance économique. Opposés à Keynes et gagnants de la guerre, les États-Unis l’emportèrent en proposant de consacrer le rôle de pivot du dollar américain et un système de change fixe fondé sur la convertibilité du dollar en or.
Keynes fut donc le perdant de Bretton Woods. Il voulait créer une monnaie relative, basé sur les prix de 30 matières premières, dont l’or. Les américains avaient, du reste, initialement imaginé une solution comparable sur base d’une devise qui se serait dénommée « l’Unitas ». Finalement, ni le Bancor ni l’Unitas ne virent le jour, et seul l’or consacra un système de parité fixe, jusqu’à l’effondrement du système, en 1971.
Avec le recul du temps, il est insensé de lier une masse monétaire à un stock aurifère. Un étalon monétaire présente aussi l’inconvénient de contraindre excessivement les politiques monétaires et fiscales conjoncturelles. Pourtant, ces accords eurent le mérite de discipliner les États. Dès qu’ils furent démantelés à l’initiative des États-Unis, les États européens s’engouffrèrent dans une politique d’endettement indisciplinée, qui consista à alourdir les finances publiques pour masquer la mutation économique des années septante et quatre-vingt.