Affichage des articles dont le libellé est JO Jeux Olympiques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est JO Jeux Olympiques. Afficher tous les articles

mercredi 5 septembre 2012

Games ?????


Le Comité Olympique, médaille d’or de la censure

Stéphane Van Gelder - publié le 31.07.2012, 17h56
Pour organiser les Jeux Olympiques, le CIO a obligé Londres à se plier à des règles drastiques et à signer un contrat lui octroyant les pleins pouvoirs : lois d’exception, police privée, contrôle des médias, fermeture de commerces, tweets et pages Facebook sous contrôle, police du langage et de l’habillement…
Dans une précédente chronique, intitulée ACTA, la preuve que l'enfer reste pavé de bonnes intentions…, j’avais expliqué pourquoi ce qui était présenté comme un accord "commercial" offrant à tout pays intéressé un cadre juridique commun de “lutte contre la contrefaçon et le piratage”, pouvait être à la fois la meilleure et la pire des idées. Le Comité International Olympique (CIO), à l’occasion des Jeux 2012, nous offre un aperçu saisissant des conséquences que pourrait avoir un tel traité s’il était ratifié et appliqué.
Ne plus parler de jeux... Olympiques !
On assiste à Londres à une véritable prise de contrôle, par le CIO et ses sponsors, des espaces olympiques mais aussi publics dans lesquels s’impose, pendant toute la durée des Jeux, une loi d’exception. Sommé de marcher Adidas, de manger McDo, de boire Coca ou Heineken, de téléphoner Samsung et de payer Visa… le spectateur ne peut porter de tee-shirt arborant une autre marque qu’officielle pas plus qu’il ne peut venir avec son pique-nique. "Jeux Olympiques" est devenu une expression contrôlée qu’on ne peut utiliser sans accord préalable ni sans avoir payé la redevance imposée. Ainsi, BFM TV parle maintenant de "Jeux d’été" pour évoquer ceux dont on ne peut plus prononcer le nom ; et quand les sponsors parlent des "Jeux Olympiques", d’autres, journalistes ou entreprises privées, de peur de s’attirer foudres et sanctions olympiques, préfèrent évoquer désormais les "O Games". 
Comment ce scénario digne du roman de George Orwell 1984 est-il devenu réalité ? Une loi, dépassant très largement les contenus des traités ACTA, PIPA, SOPA, en est à l’origine : "The London Olympic Games and Paralympic Games Act", voté en 2006. Son objet : étendre la protection des droits de propriété intellectuelle liés à l’événement, donner les pleins pouvoirs au CIO pour les faire respecter et créer des sanctions pénales spécifiques. En effet, le CIO impose à chaque ville candidate aux Jeux de prévoir la protection de la marque olympique, que ce soit en amendant une loi déjà en vigueur, ou en en créant une nouvelle. Grâce à cette disposition, le CIO peut, tous les quatre ans, prendre possession de l’espace public, dicter ses propres règles et les imposer. 
Police privée
À Londres, deux agences ont été spécialement créées à son intention : le LOCOG (London Organising Committee for the Olympic Games and Paralympic Games), chargé d’organiser le show 2012, et l’ODA (Olympic Delivery Authority), en charge des infrastructures, des accès aux sites, du respect du planning mais aussi de la sécurité, de l’ordre et de la protection des intérêts des sponsors. Pour assurer cette mission, l’ODA dispose d’une flotte de près de 300 agents, véritable petite milice de protection des marques qui, vêtue de capes et coiffée de casquettes violettes, arpente les rues de Londres et les sites où se déroulent les épreuves. À tout moment, ces agents ont le pouvoir d’entrer chez les commerçants comme dans les entreprises privées pour y effectuer les contrôles qu’ils jugent nécessaires et détecter les utilisations considérées illicites des mots, logos et signes distinctifs associés aux "Jeux Olympiques". 
En pratique, certains se retrouvent dans des situations totalement délirantes, comme en témoigne un article du National Post daté du 23 juillet. Ainsi, une grand-mère de 81 ans a été inquiétée pour avoir tricoté un pull de poupée destiné à une œuvre caritative et mis en vente pour la modique somme de 1,63 $. Parce qu’il arborait de minuscules anneaux olympiques, l’objet du "délit" a dû être retiré de la vente pour éviter toute poursuite judiciaire !
Un café londonien, pour avoir eu l’outrecuidance d’aligner dans sa vitrine 5 pains en forme d’anneaux (bagels), s’est attiré les foudres des contrôleurs. Il a dû lui aussi obtempérer et retirer sa composition. Mêmes causes, mêmes effets pour un boucher de quartier tout content d’avoir façonné le logo des JO à l’aide de saucisses, ainsi que pour une fleuriste sommée de retirer de la vente ses compositions aux 5 couleurs olympiques.
Même les parents de Kate Middleton, la compagne du Prince William, se sont mis hors la loi en proposant à la vente sur leur site Internet des mugs où étaient inscrits les mots "2012" et "Games" ! Ils font l’objet d’une enquête… Et que dire des 800 commerces de restauration rapide auxquels il a été interdit de vendre des frites, de peur de fâcher McDonalds, sponsor officiel !
Marque folle
En votant le "The London Olympic Games and Paralympic Games Act" et en transférant à un organisme privé, le CIO, certains de ses droits régaliens (faire la loi, la faire respecter par une police dédiée, accorder des grâces moyennant redevances…), l’État anglais semble bien avoir abandonné une partie de sa souveraineté. En avait-il vraiment mesuré les conséquences ? Le maire de Londres lui-même s’en inquiète fortement et s’en est pris au Premier Ministre, David Cameron, en publiant en première page du Financial Times une bannière publicitaire dénonçant la "folie" de la marque olympique. 
Le législateur se doit d’être prudent. Le CIO est aujourd’hui si puissant qu’un État en désaccord avec lui pourrait se voir refuser l’organisation des Jeux dans son pays. Difficile de revenir en arrière. Mais, dans des conditions aussi drastiques, l’économie locale peut-elle en tirer profit ? Déjà, Le Monde rapporteque, selon la BBC, une quarantaine de commerces situés autour des sites olympiques dénoncent l’effet dévastateur des JO sur leur chiffre d’affaires et s’apprêtent à entamer des actions en justice. Rappelons en effet que si les revenus du marketing olympique (diffusion, parrainage, billetterie et licences) profitent directement au CIO et aux organisations appartenant au mouvement olympique, c’est la ville désignée qui investit dans l’organisation des Jeux. Ceux de Londres ont quand même coûté la bagatelle d’environ 9 milliards de livres aux contribuables britanniques. Pour ce prix, notre boucher londonien devrait avoir le droit de façonner ses saucisses à l’image des anneaux olympiques ! 
Rappelons également que le CIO fut l'un des deux seuls organismes au monde (l'autre étant la Croix Rouge) à demander à l'ICANN une protection totale de ces marques dans le cadre du programme d'ouverture des nouvelles extensions. Là où la Croix Rouge s'est contentée d'argumenter de la nature unique de ses droits au niveau mondial, le CIO a préféré menacer d'actions judiciaires le régulateur du nommage. Menaces efficaces, puisque le Conseil d'administration de l'ICANN a très rapidement obtempéré en demandant l'inclusion de protections sur les termes olympiques dans son programme. Et tant pis pour ceux qui pourraient légitimement revendiquer, comme la compagnie Olympic Air par exemple...

"C'est la première fois que le verrouillage est total", commente Patrick Clastres, spécialiste de l’histoire du sport et de l’olympisme envisagés sous l’angle du politique et du culturel, auteur notamment de Jeux olympiques. Un siècle de passions (éd. Les Quatre chemins, juin 2008). Pour lui, en effet, le CIO a besoin "d'une dictature ou d'un pays ultralibéral pour imposer ses règles". Une position qui mérite réflexion alors qu’est déjà évoquée une possible candidature de la France aux Jeux de 2024.

dimanche 29 avril 2012

gold or ... plated ?


Délégation belge : 3,5 millions pour les JO de Londres

mardi 24 avril 2012 à 15h51
C'est le budget global pour envoyer une forte délégation belge aux Jeux olympiques de Londres, du 27 juillet au 12 août. Voici le détail des comptes et dépenses pour la Belgique.
Les Red Panthers, l'équipe belge féminine de hockey, est qualifiée pour les JO.
Les Red Panthers, l'équipe belge féminine de hockey, est qualifiée pour les JO. © Image Globe
Notre entretien avec les responsables du COIB (Comité olympique interfédéral belge) est fixé quatre jours avant la qualification historique pour les JO des « Red Panthers », l'équipe féminine de hockey, au terme d'une semaine de tournoi qualificatif euphorique au Beerschot. A la (bonne) table de nos vifs échanges « sportivo-financiers » se trouve Guido De Bondt, qui n'est pas pour rien secrétaire général du noble organe sportif belge depuis vingt-quatre ans. Derrière sa cravate Tintin, son pin's du COIB et son verbe enthousiaste, l'alerte sexagénaire alostois campe un convaincant défenseur de la cause olympique.
Guido De Bondt est un « bon Belge » : la diplomatie l'habite. Entre soupirs et rictus entendus, il assume la réalité belge, sa complexité institutionnelle. André Stein, le trésorier et vice-président du Comité olympique belge, valide les propos. On parle de gros sous. Pas autant qu'au football, certes, mais tout de même. L'or, l'argent et le bronze londoniens vaudront leur pesant d'honneur et d'euros. Très objectivement.

Le Vif/L'Express : Les Jeux olympiques sont-ils une manne financière fructueuse pour le COIB ? 

Guido De Bondt : Par principe, non. C'est même tout le contraire. Cela coûte de l'argent. Si le Comité olympique belge existe, c'est justement pour couvrir les frais inhérents à ce type d'événements, et tout ce qui tourne autour, notamment en termes organisationnels, en intégrant également les compétitions paralympiques. Tout cela s'inscrit dans notre mission.

Combien coûtera à la Belgique la participation aux prochains Jeux olympiques de Londres ? 

Grosso modo, 3, 5 millions d'euros : c'est le budget total en englobant délégations « classiques » et paralympiques. En tout, il y aura environ 200 athlètes et accompagnateurs pour les valides et entre 80 et 90 pour les moins valides. Ce budget avait été présenté dès décembre de l'année dernière. Nous avions pris en compte la qualification possible de nos hockeyeuses, qui ont bien entendu gonflé les effectifs, parmi lesquels on se félicite de compter également les hockeyeurs. Participer aux Jeux coûte cher. Pensez, par exemple, au transport des chevaux, pour les compétitions équestres. Pour Londres, la facture n'est pas exorbitante mais songez aux frais d'avion engloutis pour acheminer les animaux à Pékin ! Pour nos athlètes moins valides, et c'est bien normal, nous devons aussi veiller à un encadrement plus important.

Le COIB s'est-il montré prévoyant dans l'établissement de son budget prévisionnel pour 2012 ? 

En 2009, le Conseil d'administration du COIB avait identifié les événements qui ne se limitent pas aux JO, même si ceux-ci sont de loin les plus « chers » à couvrir : il y a par exemple eu, en cette riche année 2012, les premiers Jeux olympiques d'hiver de la jeunesse à Innsbruck ou encore la 9e édition des sports non olympiques à Cali, en Colombie, où la Belgique sera présente avec une délégation de 90 personnes. Le CA s'est engagé jusqu'en 2020, soit un engagement de onze ans, que ne peut prendre le monde politique par exemple.
Au-delà de la préparation et de la participation à ces compétitions pour lesquelles le COIB se porte garant financièrement, nous dégageons d'importants moyens dans le cadre du projet « Be Gold », qui prépare nos jeunes sportifs de haut niveau en vue des prochains Jeux olympiques de la jeunesse de 2014 ou de Rio 2016. L'ambition est d'y envoyer un maximum d'athlètes. « Be Gold » est un partenariat entre les administrations sportives Adeps, Bloso, la Communauté germanophone, le COIB et la Loterie nationale.

Combien rapportera une médaille ou un bon classement à Londres ? 

Afin d'avoir une idée, à Pékin voici quatre ans, la prime de base pour une médaille d'or était fixée à 50 000 euros. Pour une médaille d'argent, c'était 30 000 euros, le bronze 20 000 euros, la 4e place 10 000 euros et 5 000 jusqu'à la 10e place. Pour une Kim Clijsters, en tennis, ou un Philippe Gilbert, en cyclisme, ces montants ne sont peut-être pas énormes, mais je peux vous assurer que, pour un kayakiste ou un tireur, ainsi que pour la majorité de nos athlètes, c'est appréciable ! Pour les sports collectifs, la prime par joueuse ou par joueur accrédité est de 12 500 euros, soit 25 % de la prime de base, pour une médaille d'or, 7 500 euros pour l'argent, 5 000 pour le bronze et jusqu'à 1 250 pour une 8e place. Pour l'encadrement et les entraîneurs, la prime maximale est de 25 % de la prime accordée à l'athlète.

Quel montant reçoivent les athlètes par jour en termes de défraiement ? 

Rien.

Et au niveau de la taxation en cas de gains ? 

Elle est bien entendu différente de pays à pays. Les montants précités sont bruts mais, pour les JO de Londres, les autorités britanniques ont obtenu de ne pas appliquer le système de la double imposition. Nos athlètes ne seront donc pas deux fois taxés, en Angleterre et en Belgique.

Qui paie ? 

Le Comité olympique belge avec ses moyens propres.

Et d'où vient l'argent ? Quid, notamment, du montant que rétribue le CIO (Comité international olympique) au COIB ? 

La Loterie nationale est de loin notre partenaire le plus important, à hauteur de 35 % de notre budget. Les Communautés et Régions interviennent, mais il n'y a pas de règle fixe quant aux montants alloués. Cela peut dépendre par exemple du nombre de participants wallons ou flamands... On a des discussions au cas par cas. Mais qu'on ne se leurre pas, au décompte final, la participation des pouvoirs publics belges ne dépasse guère les 10 %. Les autres sources de nos revenus sont issus du CDSB, le Comité de développement du sport belge, qui collecte des fonds privés, avec à sa tête le président Eddy Merckx.
Pour ce qui est du CIO, l'argent que nous percevons provient de ses très gros sponsors. Ils sont au nombre de dix et s'engagent sur huit ans. Ce sont ces marques bien connues partout présentes dans le monde mais pas dans l'enceinte lors des Jeux olympiques. Chaque année, un montant de ce pot commun est directement reversé aux comités nationaux. C'est ce que l'on appelle le programme TOP. Le CIO, par le biais de son programme de Solidarité olympique, distribue 93 % de ses revenus à ses fédérations membres et en garde 7 %.

La Belgique possède de réelles chances de médailles à Londres et fera, quoi qu'il arrive, parler d'elle cet été.... 

Oui, pour la première fois, nous aurons notre « Belgian House », grâce à la collaboration de l'ensemble de nos entités fédérées et du fédéral. Tous les sympathisants de l'équipe olympique belge pourront se retrouver dans ce lieu, basé à Inner Temple et situé en plein coeur de la « City », sur les rives de la Tamise. C'est un endroit typiquement londonien fabuleux, chargé d'histoire. Nous faisons des envieux. Nous souhaitions absolument donner la possibilité aux très nombreux supporters belges, qui seront présents à Londres pendant la période des Jeux olympiques, de se retrouver dans un endroit convivial afin d'y rencontrer nos athlètes.
PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE CHARLIER

dimanche 18 septembre 2011

Olympisme ou Mercantilisme ?





02 SEPTEMBRE 2011 - Actualité

Six villes requérantes pour les Jeux Olympiques de 2020







Le Comité International Olympique (CIO) a le plaisir d’annoncer que six villes ont été officiellement présentées par leurs Comités Nationaux Olympiques respectifs (CNO) pour accueillir les Jeux de la XXXIIe Olympiade en 2020. Ces villes sont, dans l’ordre alphabétique: Baku (Azerbaïdjan),
Doha (Qatar), 
Istanbul (Turquie), 
Madrid (Espagne), 
Rome (Italie) 
et Tokyo (Japon).
Les CNO avaient jusqu’au 1er septembre 2011 pour communiquer au CIO le nom de la ville relevant de leur juridiction qui souhaitait accueillir les Jeux. Par ailleurs, tous ces CNO/villes ont rempli les nouveaux critères établis par la commission exécutive (CE) du CIO en octobre 2010.
Les six villes requérantes entament maintenant la première des deux phases du processus de candidature qui mènera à l'élection, le 7 septembre 2013 à Buenos Aires, Argentine, de la ville hôte des Jeux Olympiques de 2020.
  • La phase 1, baptisée procédure d'acceptation des candidatures, consiste en un examen technique de l'aptitude de chaque ville à organiser les Jeux Olympiques en 2020. Les villes seront invitées à répondre à un questionnaire. Leurs réponses seront ensuite analysées par le CIO. À l'issue de cette première phase, la CE choisira les villes qui deviendront villes candidates et accéderont ainsi à la phase 2 du processus.
  • La phase 2, baptisée procédure de candidature, se concentre sur les questions d’ordre opérationnel. Les villes candidates seront invitées à soumettre leur dossier de candidature – en d'autres termes la description détaillée de leur projet olympique – et feront l'objet d'une analyse technique menée par un groupe d'experts – la commission d'évaluation du CIO. Cette analyse technique sera publiée sous forme de rapport, lequel sera transmis aux membres du CIO au plus tard un mois avant l'élection de la ville hôte le 7 septembre 2013 et à temps pour la séance d’information sur les candidatures 2020 à l’intention des membres du CIO. Le rapport sera également rendu public sur www.olympic.org.
Olympisme ou Mercantilisme ? La question est posée et la consultation de la publication du CIO (Comité International Olympique) ne donnera pas la réponse. L'amateurisme qui empêcha Rod Laver de participer aux tournois du grand chelem n'est et ne sera jamais plus d'actualité.