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vendredi 28 septembre 2012

Exit Zuk ! or Zuck ?




Quand Mark Zuckerberg fait douter Wall Street

jeudi 27 septembre 2012 à 07h02
Il n’a pas encore 30 ans et l’introduction en Bourse de sa société a fait de lui un multimilliardaires en dollars, mais aujourd’hui, le patron de Facebook doit déchanter.
D’abord, parce que le cours de Bourse de sa société a perdu 40 % depuis le 27 mai dernier, sa fortune a donc aussi baissé de 40%. Je vous rassure, il lui reste encore de quoi vivre pendant quelques siècles sans s’inquiéter de ses fins de mois.
Tout de même, maintenant, Mark Zuckerberg n’est plus seul à bord, sa société est cotée en Bourse et il doit communiquer, s’expliquer régulièrement sur le cours de l’action,…Bref, il ne peut plus agir seul comme une sorte d’autocrate même s’il est à l’origine de cette société et de ce succès planétaire.
Si le cours de Bourse de Facebook flanche, c’est parce que les investisseurs ne voient pas comment ce jeune homme de moins de 30 ans va faire en sorte de rentabiliser Facebook sur le plan publicitaire. C’est bien d’avoir un réseau social avec un milliard de fans, mais ce serait encore mieux si tous ces fans rapportaient plus d’argent qu’aujourd’hui, notamment via la téléphonie mobile qui est devenue la porte d’entrée d’Internet.
Wall Street doute cependant de ses capacités du jeune Mark Zukerberg à mieux rentabiliser son réseau social, déjà qu’il a présenté sa société en jeans et en pull à capuchon ce qui a déplu à certains analystes à Wall Street. La dernière idée en vogue est de demander à Mark Zuckerberg de se mettre en retrait, de retourner à son laboratoire et de laisser la place à un vrai patron !
Si vous en doutez, sachez que c’est ce qui s’est passé avec Google. A un moment donné, les deux génies qui sont à son origine ont été chercher Eric Schmidt, un pro du secteur, c’est avec lui qu’ils ont pu développer la firme pour la mener là où elle est aujourd’hui. Certains rêvent d’un scénario comparable pour Facebook. Ce n’est pas idiot, un entrepreneur fait rarement un bon gestionnaire et vice versa. 

vendredi 17 août 2012

Deutschland über alles ...


Le bon sens du Mittelstand allemand

jeudi 16 août 2012 à 07h00
Pourquoi l’Allemagne s’en tire-t-elle bien, alors que d’autres pays de la zone euro tirent la langue ? Généralement, on répond à cette question en disant que l’Allemagne a des produits qui s’exportent mieux, grâce à la qualité du fameux « Made in Germany ». D’autres raisons sont également avancées comme le fait que les syndicats ont joué le jeu de la modération salariale. D’autres remontent plus loin dans le temps pour justifier le miracle allemand, comme c’est le cas d’un historien allemand professeur à la prestigieuse London School of Economics. Selon lui, le miracle allemand est dû au fait que l’Allemagne n’a jamais indemnisé les autres pays des dégâts de la Seconde Guerre mondiale. Pour ma part, je reviendrais plutôt sur le mental des patrons de PME allemands, un mental très particulier et qui explique aussi la bonne santé des entreprises allemandes.
Une enquête de l’International Herald Tribune permet de nous éclairer à ce sujet. Ainsi, Madame Dagmar Bollin-Flade, qui est à la tête d’une PME spécialisée dans les machines-outils à Francfort, a-t-elle refusé, il y a quelques années de cela, de prendre une commande d’un client. Bizarre, direz-vous. Comment peut-on refuser de prendre la commande d’un client ? La raison avancée par cette dame est qu’elle et son mari, avec lequel elle dirige son entreprise, se sont imposés une règle : aucun client ne peut jamais représenter plus de 10% du chiffre d’affaire total, même s’il faut pour cela refuser une commande.

Quand vous posez la question à ce couple allemand à la tête d’une PME florissante, ils vous répondent en chœur : si 20% de votre chiffre d’affaire disparaît, vous serez en difficulté. Mais si ce n’est que 10% seulement, ce sera désagréable mais pas dramatique !
Un raisonnement pareil vous classerait immédiatement parmi les fous aux Etats-Unis ou dans d’autres pays européens, mais pas en Allemagne.

Ce genre de raisonnement de bon sens fait que cette PME n’a pas de dettes et ne dépend donc pas de son banquier quand les choses vont mal. Cet état d’esprit prévaut dans ce que les économistes appellent le « Mittelstand » c’est à dire l’ensemble des PME allemandes qui occupent moins de 500 employés et qui ont un chiffre d’affaire inférieur à 50 millions d’euros. Elles sont pour la plupart des affaires familiales. Au total, ces PME du Mittelstand occupent 60% de la population active en Allemagne.

Ces entreprises se portent généralement bien. Non seulement parce qu’elles ont un mental de fourmis, mais aussi parce qu’elles se positionnent sur des marchés de niche, pointus, délaissés par les grandes firmes. Cela leur permet d’exporter dans le monde entier, mais toujours en gardant ce bon sens allemand comme par exemple cette règle qui veut qu’un client ne représente jamais plus de 10% du chiffre d’affaire d’une entreprise. C’est avec ce genre de mental et de recettes que les Allemands peuvent aujourd’hui donner des leçons au reste de l’Europe.

Les chroniques radio d'Amid Faljaoui

Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta Media Group

Chaque jour, Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta, décrypte l'actualité économique sur les ondes de Musiq3 (à 7 h 50 et 18 h 05) et de Classic 21 (à 8 h 30 et 17 h 30). Vous pouvez également réécouter ses chroniques en radio à la demande ou en podcast sur les sites de Musiq3 et de Classic 21.

lundi 30 juillet 2012

mettre les mains dans le cambouis ...


De l'impact des déclarations politiques sur la finance

mardi 24 juillet 2012 à 07h02
En France, ces derniers jours, mieux vaut ne pas appartenir à la famille Peugeot. Il faut dire qu’elle-même et sa manière de diriger l’entreprise du même nom est régulièrement critiquée par le gouvernement français. Evidemment, c’est le plan de suppression de 8000 emplois décidé récemment, qui reste en travers de la gorge des syndicats mais aussi du gouvernement.
Comme le faisait remarquer le commentateur français Marc Fiorentino, c'est en partie mérité. D’abord, parce que l’obsession de cette famille pour maintenir le contrôle du capital a fait, je cite, « manquer au constructeur français le train de la globalisation. Dans un monde vaste et sans frontières, on ne peut pas se battre contre des Volkswagen en s'agrippant à ses actions ».

Ensuite, c’est vrai que Peugeot est une entreprise privée mais que cela ne l’a pas empêchée - comme Renault d’ailleurs - d’aller pleurer auprès du gouvernement lorsque la crise a éclaté. C’est d’ailleurs grâce à ces pleurs que la dernière « prime à la casse » a coûté un milliard d'euros aux contribuables. Tout cela ne rend pas nécessairement sympathique la direction de Peugeot aux yeux des français.

Mais attention : Cette histoire autour de la famille Peugeot démontre que des déclarations politiques - qui sont parfois aussi à la limite du poujadisme - peuvent avoir des répercussions financières énormes. L’action de Peugeot, qui avait déjà perdu 75% de sa valeur, a encore chuté ces derniers jours. Visiblement, les dernières déclarations du gouvernement français font peur aux investisseurs étrangers qui vendent leurs actions Peugeot Citroën de crainte, par exemple, de voir l’entreprise être nationalisée. Au cours actuel de 6 euros, l’action PSA est déjà à son plus bas niveau depuis plus de vingt ans. Le risque est grand de voir l’entreprise subir une OPA et donc de voir non pas 8 000 emplois mais beaucoup plus partir de France.

La morale de cette histoire, c’est que des déclarations politiques musclées flattent sans doute l’électorat mais elles ont surtout provoqué une vraie panique sur les marchés. La preuve est que les CDS, ces contrats d'assurance contre la faillite, ont flambé. Si on s'en tient à leurs cours actuels, les chances de faillite de Peugeot sont estimés par le marché à plus de 50%.

Donc, en tentant de sauver 8.000 d'emplois - ce qui est légitime, mais pas via des déclarations à l’emporte-pièce -, le risque provoqué par les politiques est maintenant d'en faire perdre non pas 8 000 mais des dizaines de milliers. C’est la raison pour laquelle Marc Fiorentino propose, non sans humour, d’imposer qu’un ministre qui s’occupe d’entreprises devrait passer au moins 6 mois de stage en entreprise – à l’instar des PDG de McDo qui sont tous passés par la case frites. Une idée à creuser, non ? 

samedi 23 juin 2012

Risque 0 ... C'est le moment d'investir !


La mémoire des marchés financiers

mardi 12 juin 2012 à 07h02
Parmi les lecteurs, j’ai une dame qui est professeur d’économie dans une grande université belge. Elle m’incite souvent à ne pas parler des marchés financiers, mais plutôt des acteurs financiers.

Ce que ce professeur d’économie veut dire, c’est qu’à force d’utiliser le vocable « marchés financiers », on finit par croire qu’il s’agit d’un être invisible, sans chair et sans substance. Une sorte d’entité contre laquelle on ne peut pas agir, alors que selon elle, derrière ce vocable de « marchés financiers », il y a des acteurs réels, des personnes physiques identifiées et qui poursuivent des buts bien précis.

Bien entendu, sa remarque est juste, mais si j’utilise ce terme de « marchés financiers », c’est aussi par souci de simplifier les choses et surtout parce que, qu’on le veuille ou non, c’est le terme utilisé par tous les médias.

Si j’en parle aujourd’hui, ce n’est pas pour faire de la sémantique ou jouer au jeu du dictionnaire. C’est pour vous dire que les « marchés financiers » - excusez-moi cher professeur de l’expression – ont aussi une mémoire !

Et à quoi voit-on qu’ils ont une mémoire ? Simple, en regardant le portefeuille que vous proposent la plupart des gestionnaires de fonds ou de fortune : en général, ils vous préconisent d’être à 50% en cash, et à maximum 25 ou 30 % en actions ! Cela veut dire quoi ? Tout simplement que la règle générale aujourd’hui est à la prudence – prudence d’autant plus grande que tous les gains accumulés en Bourse au cours du 1er trimestre – qui je le rappelle a été excellent – tous ces gains ont été complètement annulés par la dernière tempête boursière autour de la Grèce et de l’Espagne !

Trop de crises sont intervenues en trop peu de temps : la capacité d’analyse et d’anticipation des acteurs financiers est aujourd’hui réduite à zéro. L’expert qui vous dit qu’il sait où va la Bourse dans 6 mois est un menteur, rien de plus. C’est ce qui explique le rejet actuel en Bourse de quasi toutes les actions, même les plus solides, même celles avec un avenir prometteur. L’effet mémoire joue en faveur de la quête de la sécurité – les investisseurs préfèrent prêter à du zéro pour cent à l’Allemagne plutôt que de prendre le moindre risque.
Mais cet effet mémoire a aussi quelque chose de positif : à force de subir les crises les unes après les autres, l’effet mémoire joue un rôle d’amortisseur face au pire. En 2008, par exemple, il y a eu 78 séances avec une variation d’au moins 2% par jour, en 2009, il n’y avait plus que 56 séances avec une variation journalière de 2%, en 2011, il n’y en avait plus que 35 et en 2012, il a fallu attendre le 1er juin dernier pour voir l’indice des 500 plus grandes entreprises américaines reculer pour la première fois d’un peu plus de 2% en une seule journée !

Comme quoi à force de prendre des petites doses de poison à très petite quantité, la Bourse finirait presque par en être immunisée.

Les chroniques radio d'Amid Faljaoui

Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta Media Group

Chaque jour, Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta, décrypte l'actualité économique sur les ondes de Musiq3 (à 7 h 50 et 18 h 05) et de Classic 21 (à 8 h 30 et 17 h 30). Vous pouvez également réécouter ses chroniques en radio à la demande ou en podcast sur les sites de Musiq3 et de Classic 21.

mercredi 28 mars 2012

Warning ! Snob' s Bubble ...


La crise oui, mais pas pour tout le monde

mardi 27 mars 2012 à 07h02
La crise, ce n’est pas pour tout le monde, et surtout pas pour la nouvelle classe de gens riches qui apparait dans les pays émergents. La meilleure preuve que la crise n’atteint pas ces gens-là peut se voir dans le cours de Bourse de la société LVMH. Derrière ces 4 lettres se cache le premier groupe mondial du luxe. Derrière cette société se trouve un homme Bernard Arnault, qui est l’homme le plus riche de France et qui se retrouve sur le podium des 10 hommes les plus riches au monde.

Le cours de LVMH est significatif, dans le sens où en dépit de la crise, il n’a pas arrêté de grimper, servant même de valeur refuge pour les gestionnaires en actions qui ont vu dans LVMH, l’action défensive par excellence. Ils ont eu raison puisque le cours de l’action LVMH n’a pas cessé de grimper. Exactement de la même manière que le cours de la firme américaine Apple.

Comme le faisait remarquait une lettre d’information destinée aux apprentis traders (le billet du trader), les points communs entre LVMH et Apple sont nombreux : succès incontestable des produits, marges très confortables, existence de véritables fans capables de faire la queue des heures sous la pluie pour être les premiers à posséder l’objet de la convoitise.

En réalité, ces deux actions ont aussi grimpé pendant la crise avec un autre point commun : les deux sociétés fabriquent des produits non essentiels et nettement plus chers que des produits jugés similaires. La différence de prix, peut se résumer en un mot : snobisme. Aujourd’hui, des marques comme LVMH se paient très chères en Bourse, 2,5 fois le chiffre d’affaires, une marque comme APPLE vaut 5 fois son chiffre d’affaires et Hermès qui est le champion toute catégorie se paie… 10 fois le chiffre d’affaires.

Cela veut dire quoi ? D’après Philippe Béchade, l’auteur de cette lettre boursière, cela signifie que la sphère de la « futilité » pèse en Bourse 400 milliards d’euros pour APPLE et 66 milliards d’euros pour LVMH. Le plus étonnant encore, c’est que ces deux firmes représentent un poids très important de leurs indices boursiers respectifs – Apple pèse aujourd’hui à lui tout seul 36% de l’indice Nasdaq, la bourse technologique de New York. Autrement dit, plus d’un tiers d’un indice est tiré vers le haut ou vers le bas par une seule action… Ce qui fait dire à Philippe Béchade, que d’une certaine manière, c’est le snobisme qui mène le monde.




jeudi 10 novembre 2011

Châteaux en Espagne


La guerre des dépôts des banques espagnoles

jeudi 10 novembre 2011 à 07h02
Les espagnols souffrent d’un taux de chômage plus élevé que la moyenne européenne. Mais ils ont une petite consolation : les banques se font ouvertement la guerre pour chasser les dépôts des clients. Cette guerre des dépôts aboutit d’ailleurs à rémunérer ces dépôts parfois jusqu’à du 4% !
Bien entendu si les banques espagnoles font ainsi la chasse aux dépôts des clients, ce n’est pas pour le plaisir. La raison principale, c’est que les banques espagnoles ont du mal à se financer sur le marché interbancaire, çàd le marché où les banques se prêtent de l’argent entre elles. Et quant à faire appel aux marchés financiers, les banques espagnoles y renoncent bien souvent car les taux demandés sont trop élevés. Et donc la solution, c’est de se retourner vers les déposants, en les séduisant avec des taux qui comme je vous le disais approchent les 4% ! Evidemment, cette guerre des dépôts ne fait pas plaisir à la banque nationale d’Espagne qui sait que cette guéguerre diminue les marges des banques locales. Il semblerait que cette guerre coûte au secteur bancaire espagnol entre 5 et 7 milliards d’euros.

C’est pour éviter cette guerre dangereuse pour les marges des banques, que les autorités espagnoles ont décidé d’appliquer une surtaxe sur les dépôts qui sont jugés sur-rémunérés – en principe cela devait calmer les ardeurs des banques espagnoles-

Mais cela n’a pas marché. Malgré ce surcoût, les banques espagnoles continuent de proposer des dépôts avec des taux d’intérêt alléchants. La raison en est simple : même avec cette taxe imposée par les autorités sur les dépôts sur-rémunérateurs, cela reste encore intéressant pour les banques espagnoles de ne pas respecter le décret Salgado comme ils l’appellent que de faire appel aux marchés financiers où le financement est hors de prix.

Avec un marché immobilier qui a baissé de 30% dans certains cas, voire plus, et des livrets d’épargne qui sont mieux rémunérés qu’en Belgique, l’Espagne pourrait presque donner des envies d’expatriation !

Amid Faljaoui (Malaga et Nueva Andalucia)

lundi 7 novembre 2011

Europe or not Europe ?


Pourquoi notre destin dépend du «oui» des Grecs

jeudi 03 novembre 2011 à 07h02
Le coup de poker du Premier ministre grec n’a pas fini de créer des remous. Tard dans la soirée de mercredi, les dirigeants européens réunis à Cannes ont demandé à la Grèce de dire, lors de son référendum du 4 décembre, si elle veut rester dans la zone euro. Pour mieux lui faire comprendre l’importance de ce message, ils ont décidé de couper les vivres à la Grèce tant qu'elle n'aura pas appliqué le plan de sauvetage de la zone euro.
 
Autrement dit, la tranche de 8 milliards d’euros qui devait être débloquée pour la Grèce ne sera pas versée avant de connaître le résultat du référendum ! De plus, un responsable gouvernemental européen (anonyme) a prévenu : un «non» grec serait «malheureux pour la Grèce, car leur sort en dehors de la zone euro serait bien pire que les solutions qu'on leur propose aujourd'hui. Mais s'ils le décident, eh bien, qu'ils en sortent !»
 
Quiconque entend ce genre de discours pourrait être tenté de dire : «Eh bien, oui, que les Grecs s’en aillent, qu’ils quittent la zone euro s’ils ne veulent pas appliquer le plan d’austérité qui leur a été imposé ! La Grèce ne pèse effectivement pas lourd, à peine 2 % du PIB de la zone euro. Un départ de la zone euro ne serait donc pas une catastrophe !»
 
Détrompez-vous. D’abord, ce serait une catastrophe pour les Grecs eux-mêmes et surtout pour les plus démunis. Leur ancienne monnaie, la drachme, serait d’office dépréciée d’au moins 50 % par rapport à l’euro. Cela signifie que toutes les marchandises importées en Grèce coûteraient d’emblée 50 % de plus, sans compter que les banques grecques tomberaient toutes en faillite car elles sont les première détentrices de la dette publique grecque. Autant dire que toutes les PME locales seraient immédiatement asphyxiées.
 
Et alors, direz-vous, c’est leur problème, les Grecs ont assez joué avec notre patience, non ? Ce discours serait trop facile. Si Sarkozy et Merkel sont nerveux, c’est parce qu’ils savent que, si la Grèce quitte la zone euro, cela créerait un dangereux précédent. Cela voudrait dire que la zone euro n’a pas été capable de défendre l’un de ses membres. Que feront alors les marchés financiers ? Ils dirigeront leurs attaques sur les autres maillons faibles de la zone euro, le Portugal, l’Espagne, l’Italie et, pourquoi pas, la Belgique.
 
L’effet domino est assuré… à ceci près que, si nous avons des minutions pour défendre le Portugal et éventuellement l’Espagne, l’Europe n’a pas de quoi défendre l’Italie, qui reste la 3e économie de la zone euro. Et là, c’est l’explosion assurée de la zone euro ! Dans ce cas de figure en forme de cauchemar, nous entrerions dans un territoire inconnu.
 
Voilà pourquoi notre destin dépend, qu’on le veuille ou pas, du «oui» des Grecs à ce référendum. Ce n’est pas plaisant à dire mais c’est la stricte vérité.

samedi 5 novembre 2011

EURO ? Un enfant de choeur à côté des CDS ...


Grèce : le vrai danger n’est pas l’euro

vendredi 04 novembre 2011 à 07h02
Faisons comme le journal Libération et mettons-nous un instant à la place des Grecs. Leur pays est en faillite. Au G20 de Cannes, leur Premier ministre a été convoqué comme un laquais par le couple franco-allemand. Georges Papandréou a été obligé de faire antichambre pendant deux longues heures avant d’être reçu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Et s’il veut faire un référendum, ce dont il n’est plus certain aujourd’hui, la question lui sera dictée par Merkel et Sarkozy. Quant à l’argent, ce même premier ministre grec devra faire allégeance à ceux qui, désormais, gouvernent chez lui. Avouez que c’est humiliant ! C’est pourtant la réalité. La Grèce est mise sous tutelle par l’Europe, la Banque centrale européenne et le FMI.
 
Que se passerait-il si les Grecs devaient quand même dire «non» à l’Europe ? Dans ce cas, Merkel a encore répété à Cannes que l’Europe était prête et qu’elle ferait tout pour défendre la stabilité de l’euro. En réalité, ce n’est pas l’euro qui est menacé par un départ de la Grèce, car après tout, un euro faible serait plutôt une bonne chose pour l’économie européenne. Cela favoriserait même nos exportations.
 
Non, le vrai danger dont on ne parle pas beaucoup, c’est à nouveau les banques. Quand je dis «banques», je pense aussi bien aux banques européennes qu’aux institutions américaines. La vérité est simple : pendant que ces banques achetaient avec la main gauche des obligations grecques, portugaises ou espagnoles parce qu’elles rapportaient plus que les allemandes, elles vendaient avec la main droite des CDS, instruments financiers qui permettent de se protéger contre la faillite d’un Etat. Autrement dit, vous payez une prime pour vous assurer contre le défaut de paiement de la Grèce, par exemple.
 
Or, si la Grèce fait faillite et sort de l’euro, toutes ces assurances, ces fameux CDS, seront activées par ceux qui ont payé ces primes. Les banques qui ont vendu ces produits, avec le calcul qu’un Etat ne fera jamais faillite, devront passer à la caisse et rembourser les investisseurs.
 
Problème : ce marché des CDS est un marché opaque. Personne ne sait combien il y a de CDS sur un pays comme la Grèce. Les uns parlent de 5 milliards d’euros, les autres de 50 milliards d’euros. Je rappelle que le trader fou Jérôme Kerviel a failli faire chavirer une banque française à cause d’une perte frauduleuse de 5 milliards d’euros… On parle de 10 Kerviels !
 
Voilà pourquoi tant Merkel que Sarkozy, voire Obama, sont nerveux. Le vrai danger, ce n’est pas l’euro, c’est le secteur bancaire ! La Grèce n’est pas le problème : ce sont les CDS. Retenez bien ces 3 lettres.

jeudi 20 octobre 2011

Circoncis ou circonscrit ?


chômage et mondialisation

jeudi 20 octobre 2011 à 07h02
Le mouvement des indignés, ces jeunes révoltés par la crise et ses conséquences a d’abord été un mouvement circonscris à des pays comme l’Espagne et la Grèce. Aujourd’hui, le mouvement fait tache d’huile et l’on retrouve ces mêmes indignés à Bruxelles ou occupant la Bourse de New York ! La question est évidement de savoir ce qui pousse ces jeunes à défiler pacifiquement dans les rues de nos capitales. En Espagne, par exemple, c’est le mouvement social le plus important depuis la chute du franquisme. Pourquoi cette indignation ?
 
Le chômage, donc l’absence de perspective pour ces jeunes européens, est une première raison. L’Histoire montre que des jeunes diplômés qui arrivent sur le marché de l’emploi en pleine crise gardent une cicatrice tout au long de leur carrière. Cet «effet cicatrice» se manifeste au moment de trouver un emploi : la durée pour en trouver un est nettement plus longue que d’habitude, d’autant que, lorsque la reprise se manifeste un ou deux ans plus tard, les entreprises ont tendance à recruter les jeunes fraichement diplômés au détriment de ceux qui sont inscrits au chômage.
 
Lorsqu’ils trouvent un job, ces indignés décrochent un salaire d’entrée inférieur à celui de leurs aînés à la même époque. C’est normal quand le chômage est au plus haut. Les entreprises sont en position de force pour négocier les salaires d’entrée à la baisse. Or, cette différence salariale, ils la porteront toute leur carrière, avec l’impact que l’on connaît sur le montant de leur pension. C’est pourquoi les sociologues parlent d’«effet cicatrice».
 
L’autre motivation de ces indignés, c’est souvent leur rejet de la mondialisation. Ils estiment qu’en 15 ans, cette mondialisation a fabriqués des chômeurs au Nord et des quasi-esclaves au Sud, pour reprendre l’expression du socialiste français Arnaud Montebourg ! Au fond, pour ces jeunes indignés, la mondialisation, c’est la guerre de tous contre tous, y compris au sein de l’Europe.
 
La grosse difficulté de ces indignés est qu’ils n’ont pas vraiment d’adversaire désigné. Dans les pays arabes, les jeunes ont face à eux des dictateurs ; ici, ce sont les marchés financiers… Et le mur de l’argent a ceci de déroutant qu’il est, en quelque sorte, anonyme.

mardi 18 octobre 2011

Vive le viager ! N'est-ce pas Jeanne ?


Immobilier : les 2 conséquences du vieillissement sur les prix

lundi 17 octobre 2011 à 07h02
Les études sur l’immobilier sont souvent réalisées par les gens du secteur. Il est parfois intéressant, cependant, de se pencher sur les études réalisées par des économistes. L’avantage est de pouvoir ainsi lever le nez du guidon car ces études portent sur le long terme. C’est ce qu’a fait Julien Manceaux, un économiste de la banque ING.
 
L’idée était de voir quel sera l’impact de la démographie sur les prix de l’immobilier. La question est très intéressante si vous avez décidé d’investir dans l’immobilier parce que vous êtes dégouté de la Bourse.
 
Premier constat : si la population belge a augmenté de 4 % entre 2000 et 2008, le nombre de ménages a, lui, progressé de 8 % sur la même période, soit deux fois plus vite. Cela signifie que la taille des ménages a diminué, surtout en raison du vieillissement de la population.
 
Les études démographiques montrent que la population des «80 ans et plus» triplera d’ici 2050. Sans aller aussi loin, il est clair que le vieillissement de notre population jouera un rôle important dès 2020. A cette date déjà, les appartements seront davantage demandés et les maisons de repos devront, comme le dit Le Soir, «repousser en quelque sorte les murs» pour accueillir les 20.000 à 30.000 lits supplémentaires.
 
Conséquence de ce constat démographique : si l’offre de logements de plus petite taille n’augmente pas pour compenser la hausse du nombre de ménages, les prix risquent d’augmenter. Pour le moment, ce n’est le cas ni en Flandre ni en Wallonie. A Bruxelles, toutefois, la situation est plus tendue.
 
Un second constat démographique jouera un rôle en matière d’immobilier. Comme les gens vivent plus longtemps et en bonne santé, le capital ou le patrimoine qu’ils transmettent à leurs enfants sera de plus en plus réduit. Le fameux coup de pouce donné à la deuxième génération pour se loger risque donc de s’amoindrir lui aussi. Sans compter qu’avec l’espérance de vie qui augmente, les enfants hériteront de plus en plus tard, parfois au-delà des 60 ans. Ce qui aura, à nouveau, un impact sur l’immobilier.

jeudi 13 octobre 2011

À boire et à manger ...


Les 2 problèmes posés par les emplois subsidiés

mercredi 12 octobre 2011 à 07h02
Il y a peu de temps encore, l’économiste Philippe Defeyt commentait la statistique selon laquelle 60 % des 270.000 créations nettes d’emplois constatées entre 2005 et 2011 sont, hélas, des emplois subsidiés. Selon Philippe Defeyt, ces emplois avaient été coûteux et avaient au final peu de retombées pour l’ONSS.
 
En effet, selon cet économiste, un tiers des nouveaux emplois l’ont été dans le secteur des titres-services. Et un paquet d’autres sont ce qu’on appelle des emplois «win-win». Je vous rappelle que les emplois «win-win» ont été créés par le gouvernement pour lutter contre la crise. Ils sont donc destinés à des allocataires du chômage qui continuent à percevoir leur allocation. Et l’employeur qui engage doit verser la part manquante pour constituer un salaire.
 
Tous ces jobs sont pris en charge, pour deux tiers environ du coût total, par les finances publiques. Donc par le contribuable. Or, il est important de noter que ces mesures anticrise s’arrêteront fin décembre. La question posée par Philippe Defeyt était et reste simple : «Que deviendront ces emplois lorsqu’ils ne seront plus subventionnés ? C’est bien pour ceux qui ont trouvé du boulot. Mais sont-ce des emplois durables ?
 
Selon l’économiste, les emplois subsidiés posent à tout le moins deux problèmes. Tout d’abord, ils coûtent très cher à la collectivité. Ensuite, les employeurs n’ont-ils pas profité de l’effet d’aubaine et engagé, sous ce type de contrat, des personnes qu’ils envisageaient de toute façon d’embaucher ?
 
Du côté du ministère fédéral de l’Emploi, on a rappelé que le chômage des jeunes de moins de 25 ans s’est réduit de 12 % grâce à cette politique d’aide de l’Etat. Et d’ajouter qu’il suffit de se souvenir des émeutes sociales à Londres pour voir que des jeunes qui ont du travail, c'est essentiel…
 
Même si, scientifiquement, il n’est pas possible de démontrer la conséquence directe entre des émeutes et une politique d'emploi, le ministère de l’Emploi pense qu’il existe un lien indéniable. Sans compter, et c’est là un autre argument, en faveur de ces emplois subsidiés, que ces créations d’emploi auraient contribué à soutenir la consommation et donc permis de maintenir la cohésion sociale.
 
Au final, Philippe Defeyt a sans doute raison. L’essentiel des jobs créés sont des jobs en quelque sorte artificiels parce que largement subsidiés par la collectivité. Avait-on cependant la possibilité d’agir autrement en pleine crise ? La même interrogation vaut pour Dexia : avait-on le luxe de faire autrement que de sauver cette banque ?

vendredi 30 septembre 2011

Spéculation ?


La fin de la bulle sur l’or ?

mercredi 28 septembre 2011 à 07h02
Pensez-vous qu’on assiste à la fin de la bulle sur l’or ? Voilà la question qui est sur toutes les lèvres en ce moment ! Les uns disent que c’est normal et les autres ne comprennent pas.
Tout simplement parce que l’or a beaucoup grimpé ces derniers mois - vers la mi-juillet, quand l'or est passé de 1.500 dollars à 1.600 dollars en une semaine, déjà, cette montée des cours avait semblé trop rapide. Et puis, quand le métal jaune s'est ensuite envolé au-delà des 1.900 dollars en moins d’un mois, il était clair que le risque de correction était grand. Et pourtant, pas mal d’experts continuaient à dire que l’or, vu le désordre économique ambiant, pourrait grimper au-delà des 2.000 dollars l’once, voire même à 5.000 ou 10.000 dollars l’once d’ici quelques années .

Et puis patatras, le métal jaune a commencé à dévisser et à perdre 300 dollars l’once par rapport à son niveau le plus haut atteint, je vous le rappelle, au début de ce mois de septembre ! Vendredi dernier, l’or a même perdu presque 6% en une seule journée ! C’est d’autant plus étonnant que rien, absolument rien n’a changé. L’économie mondiale va mal et risque de tomber en récession – la Grèce n’est pas sauvée, les banques souffrent de la défiance des marchés financiers… Bref, tout est en place pour que l’or continue à grimper. Même l’indice de la peur en Bourse est en hausse, mais rien n’y fait : le métal jaune a plongé. D’où la question : pourquoi ce paradoxe ?

Je ne dis pas que c’est la vérité, mais voilà ce qui circule sur les marchés pour expliquer la baisse de l’or. La première, c’est que des fonds d’investissement ont perdu de l’argent avec la débâcle boursière de ces dernières semaines, ils ont donc vendu de l’or pour couvrir leurs pertes. D’autres disent que ces mêmes fonds ont vendu de l’or, non pas pour compenser leurs pertes en actions, mais justement pour acheter des actions qui ont été injustement matraquées et donc pour pouvoir les acheter à très bas prix. Et puis, la troisième raison, qui explique la baisse de l’or, ce sont les augmentations des appels de marge – les appels de marge ce sont des sortes de dépôts que les spéculateurs doivent verser à une autorité AVANT de spéculer sur l’or par exemple. Si on augmente votre dépôt, cela vous laisse par définition moins de marge pour spéculer, et c’est ce qui expliquerait aussi la baisse du cours de l’or. Mais bon, certains experts restent confiants et pensent – au contraire – que ceux qui ont raté le train de l’or, peuvent profiter de cette baisse de l’or pour entrer à meilleur prix sur le marché ! Bien entendu, ces experts – incorrigibles optimistes – pensent que l’or a encore de beaux jours devant lui.


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samedi 24 septembre 2011

Même l'or ne résiste pas ...



Pourquoi cette curée en Bourse des valeurs bancaires ?

vendredi 23 septembre 2011 à 07h02
Je vous le jure que je ne le fais pas exprès ! Je suis le premier à vouloir vous parler de choses positives en économie, mais là, j’ai beau faire des efforts, l’actualité ne m’aide pas.
Ce jeudi a par exemple encore été une journée noire en Bourse. Notre indice boursier national, le fameux BEL 20 a dégringolé d’un peu plus de 5% hier. Et à nouveau, les valeurs bancaires ont été matraquées – KBC Groep a perdu presque 7% - Dexia a chuté d’un peu plus de 11% - BNP Paribas a chuté de 4%, ce qui veut dire qu’en 4 semaines, cette banque a perdu 28% de sa valeur !
Et même des valeurs solides qui n’ont rien à voir avec le monde bancaire comme Colruyt ou Bekaert ont cédé 10% et 9,3%. C’est énorme et tout aussi injustifié, mais c’est comme cela. En bourse, pour le moment, c’est la curée et le règne de la rumeur reine. C’est ainsi que le patron de BNP Paribas a dû - hier encore - démentir une nouvelle rumeur selon laquelle BNP Paribas s'apprêtait à solliciter le Qatar et Abu Dhabi, dans le cadre d'une augmentation de capital.

Une information que Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas, a "formellement" démentie sur les ondes de la radio française BFM, ce jeudi. Le patron de BNP Paribas a même précisé, je cite : "Nous n'avons aucun contact particulier, ni au Qatar ni ailleurs." Pour la bonne raison", a-t-il ajouté, que "nous n'avons pas besoin d'augmentation de capital." Et c’est vrai que c’est juste, puisque BNP Paribas envisage au contraire de réduire son bilan de 10% !

Alors, pourquoi cette curée en Bourse des valeurs bancaires ? La dernière raison trouvée par les marchés, c’est qu’après avoir dit, pendant des semaines, que les banques européennes se portaient bien et n’avaient pas besoin de renforcer leurs fonds propres – je rappelle qu’il y a quelques jours Christine Lagarde, la nouvelle patronne du FMI avait clairement dit que les banques européennes devaient se recapitaliser – la commission européenne opère une véritable volte-face, en estimant – finalement - que certaines banques européennes pourraient avoir besoin d'être recapitalisées, compte tenu de la possible faillite de la Grèce et de la dégradation de la note de solvabilité de l'Italie par S&P. Bref, c’est un aveu de la faiblesse des banques européennes. Aveu tardif, mais aveu quand même. C’est ce qui explique la nouvelle dégringolade des banques en Bourse. Le problème, c’est que les valeurs bancaires entrainent dans leur sillage toutes les autres valeurs. Aujourd’hui une firme comme Renault pèse en Bourse moins que la valeur de ses usines et de sa flotte de voiture. C’est fou, injuste et pas correct, mais c’est la Bourse, et pour le moment, elle est en mode panique.

mercredi 21 septembre 2011

Le marché a toujours raison ...


Une sortie de la Grèce de la zone euro n’est pas une solution

lundi 19 septembre 2011 à 07h02
Comme la réunion des ministres des Finances de l’Europe n’a débouché sur pas grand-chose, et que sans l’aide de l’Europe, la Grèce ne peut pas s’en sortir, le premier ministre grec a donné des gages à ses partenaires en promettant de nouvelles coupes budgétaires en 2012. L'enjeu est clair : la Grèce veut démontrer qu’elle fait tout pour redresser sa situation et ainsi obtenir le versement de 8 milliards d'euros qui sont indispensables pour échapper à la faillite au mois d’octobre.
Pendant ce temps là, certains dirigeants officiels continuent à penser et parfois même à dire tout haut, que la solution pour la Grèce, c’est la sortie de l’euro. En résumé, la Grèce devrait reprendre son ancienne monnaie, la drachme et comme celle-ci serait instantanément dévaluée, la Grèce pourrait exporter plus et ainsi redresser son économie.

Beaucoup d’experts ne croient pas en cette solution. Le premier obstacle est juridique : le traité européen prévoit une sortie de l’union européenne, mais pas de la zone euro. Et si c’est le cas, cela signifie que la Grèce ne pourra plus bénéficier des aides régionales de l’Europe qui sont importantes dans son cas comme pour celui du Portugal.

Deuxième obstacle : en cas de sortie de l’euro, ce n’est pas le gouvernement grec qui décidera du taux de change de la drachme par rapport à l’euro, mais les marchés financiers. L’expérience de l’Argentine a montré que la drachme pourrait perdre trois quarts de sa valeur si pas plus. Chouette dirons certains, cela va rendre hyper-compétitifs les exportations grecques. Oui, mais cela va rendre aussi hyper chères toutes les importations, leur prix sera multiplié par 3 ou par 4, ce qui appauvrira massivement la population grecque, et les entreprises grecques seront incapables de se procurer les équipements indispensables pour faire tourner son économie. Bref, ce serait l’apocalypse. Autre argument : une sortie de l’euro ne pourra pas se faire en une nuit, et donc les déposants auraient le temps de retirer leur épargne des banques grecques. Un mouvement de panique qui s’ajouterait au désastre ambiant. Dire qu’une sortie de l’euro se fera en douceur, est une pure fiction – en réalité, ce serait le chaos financier et social. Et ça, personne n’en a envie.
source : Amid Faljaoui

mercredi 31 août 2011

Bulls time ... ???


Vers un rebond des bourses mondiales

lundi 29 août 2011 à 07h02
Rien à faire : il y a d’un côté ceux et celles qui sont dégoûtés à jamais de la Bourse et puis ceux qui y croient encore mordicus.
A tort ou à raison, les déçus de la Bourse estiment qu’ils ont reçu assez de claques en dix ans. Pour rappel, les claques en question sont au nombre de quatre. La première date de l’année 2000, date de l’éclatement de la bulle internet. La deuxième a suivi, un an après, avec les attaques du 11 septembre. La troisième claque a pris le temps de venir mais lorsqu’elle a éclaté en 2008 avec la crise des subprimes, l’onde de choc a été terrible. Et puis voilà qu’avec l’été 2011, on peut parler de rechute boursière. Bref, on serait découragé à moins que cela des actions !

Tout cela est vrai mais ne semble pas décourager ceux qui continuent de croire dans le marché des actions. Pour ces indécrottables de la Bourse, le marché actuel offre des opportunités de rebond, autrement dit, les Bourses mondiales vont bénéficier de plusieurs forces de rappel pour reprendre des couleurs. Alors, Quelles sont ou seraient ces forces de rappel ?

La première motivation pour un rebond de la bourse, c’est la valorisation des actions. Cette valorisation est devenue aujourd’hui extrêmement basse. Autrement dit, certaines actions de qualité, ne sont pas chères aujourd’hui, elles seraient même en solde !

Deuxième argument qui plaiderait en faveur d’un rebond des actions, c’est le fait que les entreprises se portent globalement bien. En particulier aux Etats-Unis où 72% des entreprises ont affiché des résultats supérieurs aux attentes des analystes. De plus, toutes ces grandes entreprises cotées disposent de cash pléthorique, autrement dit, d’un matelas de liquidités qui leur servira pour faire des emplettes. Mais attention, les rachats de sociétés ne sont un facteur de soutien que pour certains secteurs et par pour l’ensemble de la Bourse. Il faudra donc être sélectif dans ces achats d’actions et deviner celles qui feront l’objet d’une OPA. Autre argument qui plaiderait en faveur des actions : la baisse de cet été a été spectaculaire et donc excessive. Il suffirait donc que quelques chiffres macroéconomiques soient plus rassurants pour assister à un vif rebond. Historiquement le rebond a été en moyenne de 15% dans des cas pareils. Mais nous sommes ici dans le domaine du raisonnement et la Bourse n’est pas toujours le temps de la rationalité. Prudence donc.

jeudi 25 août 2011

Les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel ...

La baisse de l'or a son explication

jeudi 25 août 2011 à 07h02

Les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel. C’est également le cas pour le métal jaune. Le prix de l'or a en effet reculé sauvagement ce mercredi, retombant sous le seuil de 1.800 dollars l'once. En clair, l’or a perdu 8% depuis le sommet historique de la veille à plus de 1.900 dollars – comme toujours, chaque baisse a son explication. Dans ce cas-ci, il y en a même deux.

La première explication, c’est que l’or a été la victime de prises de bénéfices après son envolée des derniers jours. En effet, le regain de confiance en la Bourse a incité certains investisseurs à engranger quelques bénéfices pour aller à la chasse aux bonnes affaires dans le secteur des actions. D’autres ont simplement vendu pour prendre leur bénéfice, après tout rien de plus naturel, vu que l’ascension de l’or a été quasiment ininterrompue ces derniers temps.

La deuxième raison qui explique cette baisse soudaine de l’or ce mercredi est une raison technique. Ainsi, le Shanghai Gold Exchange, le marché chinois des métaux précieux, avait annoncé ce mardi avoir augmenté ses « appels de marge ». C’est un terme qui appartient au jargon financier et qui signifie simplement que cette autorité a exigé une augmentation des montants que les investisseurs doivent déposer auprès des autorités pour chaque position qu’ils prennent sur l’or via des contrats à terme. Donc, cette augmentation des dépôts a rendu moins attractifs les placements dans l'or.

Est-ce à dire que c’est la fin de la hausse de l’or ? A priori, non. La banque américaine Goldman Sachs prévoit même que l’or va continuer de grimper jusqu’en 2012 ! Pourquoi 2012 ? Parce que d’ici là, les taux d’intérêt vont rester bas aux Etats-Unis. Autrement dit, détenir de l’or qui par définition ne rapporte pas d’intérêt, n’est pas un problème vu que les autres placements rapportent des rendements faibles, voire négatifs, si on enlève l’inflation.

Quant au risque de moins-values de l’or, il semblerait – je dis bien il semblerait - qu’il soit limité vu que les bonnes nouvelles économiques sont plutôt rares et le chaos économique ambiant devraient au contraire doper pour quelque temps encore le métal jaune. Les plus optimistes profitent même des quelques baisses de l’or pour en acheter. Les mois qui viennent diront s’ils ont eu raison.

mardi 23 août 2011

Récession, krach, 1929, 2008 ... ?

Vers une récession de l’économie mondiale ?

vendredi 19 août 2011 à 07h02

Ce n’est pas à vous que je dois le dire : l’été 2011 a été pourri sur le plan boursier. Au point où la presse économique se demande si 2011 n’est pas un remake de l’année 2008, l’année de la crise des subprimes. Les très mauvaises performances de la Bourse ne sont-elles pas annonciatrices d’une rechute de l’économie – voire même d’une entrée en récession de l’économie mondiale ?

Je ne vais pas faire durer le suspens ni vous gâcher votre premier jour de la semaine : la réponse des experts est NON. Fort heureusement, nous ne sommes pas, ou en tout cas pas encore, dans une perspective de récession. C’est vrai qu’en Europe, les ménages ont encore peur de l’avenir et privilégient l’épargne. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle dans le sens où cela pourrait tasser la consommation qui reste le moteur de la reprise en Europe. De même aux Etats-Unis, quand la Bourse va mal, cela affecte directement la richesse des ménages américains qui restent encore très investis en Bourse, et donc, là aussi, c’est mauvais pour la consommation américaine qui représente 70% de leur PIB.

Tout n’est pas noir pour autant. Le Japon a l’air de se remettre plus rapidement que prévu, or, c’est tout de même la 3e économie mondiale. La baisse du prix du pétrole est forte depuis un mois maintenant, cela va apporter du pouvoir d’achat dans tous les pays. Même chose en ce qui concerne le prix des matières premières qui pique également du nez. Quant à la consommation des ménages, elle pourrait repartir quand la confiance sera revenue, après tout les taux d’intérêt sont bas et devraient le rester et cela est de nature à favoriser le financement.

En fait, ce que pensent les économistes peut se résumer de la sorte : la probabilité de retomber en récession est inférieure à 50%. En revanche, c’est vrai que la croissance va rester molle pendant quelques années, et c’est ce qui la rend très vulnérable aux chocs. D’où la volatilité constatée depuis plusieurs semaines en Bourse. Elle traduit simplement cette fragilité de l’économie à la moindre mauvaise nouvelle. Les experts pensent que cette volatilité devrait s’estomper pour la mi-septembre, après la rentrée des classes. Une rentrée des classes qui pourrait donc voir revenir les acheteurs en bourse pour ramasser les actions injustement massacrées pendant cet été.

mardi 9 août 2011

From AAA to ... ?

Les conséquences d’une baisse de la note AAA des Etats-Unis

lundi 08 août 2011 à 07h02

Les conséquences d’une baisse de la note AAA des Etats-Unis, une bonne question, à laquelle Barack Obama avait déjà répondu le 1er août dernier, soit la veille de l'accord trouvé in extremis entre Républicains et Démocrates pour relever le plafond de la dette.

A l’époque, Barack Obama avait déjà prévenu qu’une dégradation de cette note aurait des conséquences pratiques pour chacun d'entre eux !

Qu’a-t-il dit en substance ? Que si l’Amérique perd son AAA, tous les citoyens américains paieront plus d'impôts. Pourquoi ? Parce que cela provoquera une hausse des taux d'intérêt, ce qui aura les mêmes effets qu'une hausse d'impôts sur tous les Américains. Barack Obama a même précisé que le crédit automobile et le crédit l'immobilier risquaient d’être plus chers.

La raison en est simple. Les banques prêtent en effet à leurs clients à des taux directement liés au rendement des obligations de l’Etat américain. Or, plus la note d'un pays se dégrade, plus les taux auxquels il doit emprunter augmentent. Selon certains calculs, la perte de ce triple «AAA» pourrait coûter entre 0,25 et 0,5% de hausse de taux d’intérêt aux États-Unis. Et d’autres économistes pensent que la valeur du dollar va encore s'effondrer de 2 à 5% suite à cette décision.

Mais bon, nous n’en sommes pas encore là. Et même si cette nouvelle fait la UNE de la presse mondiale, il n'est pas certain, comme l’indique Le Figaro, que les investisseurs de long terme à la recherche de placements sûrs vont fuir la dette américaine. Les Banques centrales étrangères, qui possèdent 33% de la dette américaine, ne vendront pas leurs titres, affirment la banque UBS qui a posé directement la question à ces banques centrales. Si c’est vrai, il ne devrait pas y avoir de panique généralisée sur le marché de la dette américaine.

Mais l’avertissement est clair, si la première économie du monde peut voir sa note dégradée, même si c’est très légèrement, cela pourrait aussi arriver à un pays plus petit comme la Belgique, du moins, si un gouvernement ne voit pas le jour rapidement.

mardi 2 août 2011

USA way of live ...

Pourquoi les Américains veulent-ils s'endetter à tout prix?

mardi 02 août 2011 à 07h02

L'accord conclu in extremis prévoit de réduire le déficit américain d'au moins 2.400 milliards de dollars en 10 ans et devrait permettre à la première économie mondiale d'éviter de se retrouver en défaut de paiement. On peut donc pousser un « ouf » de soulagement, mais on peut continuer à s’interroger sur cette manie qu’ont les Américains à vouloir s’endetter à tout prix ? Le journal économique La Tribune a tenté de comprendre les raisons qui font que les Américains n’ont pas peur de s’endetter contrairement aux Européens du nord.

Première explication : l’américain moyen pousse l’esprit du capitalisme jusqu’au bout. Payer sa maison, par exemple, avec une partie en cash ou une partie d’épargne est considéré comme une hérésie aux USA car là-bas, on peut déduire de ses revenus, et sans limites, les intérêts de ses crédits immobiliers. Deuxième explication, il y a la machine marketing des organismes de crédit : comment résister aux offres de financement que ce soit pour s’offrir une voiture, des meubles ou des appareils ménagers, tout est fait pour vous pousser à la consommation, jusqu’aux cartes de crédit qui arrivent dans votre boîte aux lettres sans même avoir été sollicitées et avec un crédit déjà… pré-approuvé.

Et c’est ce qui explique qu’aux Etats-Unis, il y a plus de 600 millions de cartes de crédit en circulation, La Tribune précise que cela fait environ 4 cartes de crédit par détenteur, l’autre raison qui explique cette folie pour le crédit aux Etats-Unis, c’est le statut social, en Amérique, les individus sont en compétition pour réussir. Donc, les biens matériels sont les signes visibles de cette réussite et sont donc porteurs d’un statut social. Au fond, le crédit permet seulement d’accélérer cette mise en scène de la richesse. Autrement dit, pas question d’attendre cinq ou dix ans pour afficher ces signes extérieurs de réussite, la réussite c’est aujourd’hui et maintenant, c’est ce culte de l’instantanéité qui aujourd’hui pose problème car acheter la croissance uniquement sur la base de crédit n’est jamais bon. Au final, les ardoises finissent par devenir des tuiles.

dimanche 24 juillet 2011

publicité sur les smartphones

La publicité où je veux et quand je veux ?

mercredi 20 juillet 2011 à 07h02

Le business n’échappe pas à la règle : il y a la théorie et la pratique, le rêve et puis la réalité. Dans le cas de la publicité sur les smartphones, le rêve se compte en milliards de dollars. Le marché de la publicité pour les téléphones mobiles intelligents est en effet évalué 2,3 milliards de dollars pour 2011 et les experts pensent qu’il passera à 14,7 milliards de dollars d’ici 2015.

Les annonceurs du monde entier font donc le même constat. Comme ils savent qu’un utilisateur de smartphone sur deux télécharge au moins une application par semaine, et comme en plus, les ventes de smartphones et de tablettes ne font que battre des records de vente, le rêve des annonceurs apparait dans toute sa beauté : ils peuvent désormais être présent avec leur publicité partout où les consommateurs se trouvent. En d’autres termes, la publicité n’est plus confinée à l’affichage, la presse, la radio ou la télé. Elle est dans la poche des utilisateurs, et plus précisément dans les applications que les utilisateurs de smartphones peuvent télécharger à tout moment. Le rêve, c’est donc la publicité où je veux et quand je veux !

Le seul hic, c’est que la dernière étude réalisée sur ce sujet par le cabinet de consulting Deloitte montre que les annonceurs ont encore du mal à profiter de la publicité mobile. Selon l’étude de Deloitte, 80% des applications développées par les grandes marques n’atteignent pas la barre des 1.000 téléchargements. Autant dire qu’une application sur 5 est un bide complet !!!

Est-ce à dire qu’il n’y a pas d’annonceur satisfait des smartphones ? Oui, bien entendu, c’est le cas par exemple de Volkswagen, et notamment du jeu développé sur iPhone mettant en scène la Touareg de Volkswagen. Cette application très addictive a retenu les joueurs huit minutes en moyenne, ce qui est un très beau succès. Et c’est ce qui a permis à cette application de faire partie des 1% d’applications qui sont téléchargées plus d’un million de fois. Mais encore une fois, à part quelques succès de la sorte, on peut parler d’échec pour l’immense majorité des grandes marques. L’une des raisons qui expliquerait cet échec, c’est le manque de capacité de se distinguer dans la profusion d’applications mobiles à télécharger. Rien qu’en 2010, il y a eu plus d’un milliard d’applications téléchargées. Comment se distinguer dans ce raz-de-marée, comment sortir de l’anonymat ? C’est tout le défi des grandes marques.