samedi 4 février 2012

Tendances crédit


09:32 - 03 février 2012 par Nadine Bollen

Comment le Belge emprunte-t-il?


Grâce au prêt vert, ces dernières années le Belge a énormément emprunté en vue de rénover. Le succès du prêt vert biaise ainsi toutes les statistiques relatives aux crédits-logement.
Nous avons sondé les banques belges sur les grandes tendances 2011 en matière de crédits-logement. BNP Paribas Fortis, Dexia, ING, KBC, Argenta, Axa, Crédit agricole et Centea nous ont donné leurs principales conclusions.

Le Belge... demande un prêt vert

La demande de prêts verts a explosé à mesure que la date limite approchait. Chez AXA, ils représentaient 21% des demandes, chez Argenta et Dexia, un quart et chez KBC, 35% des crédits logements.

 ... emprunte plus souvent

BNP Paribas Fortis a vu le nombre de crédits augmenter de 6%, ING de 9% et Dexia de 27%. KBC a bouclé 75.000 dossiers de crédits (+32%). Toutes les banques relient ce phénomène au succès des prêts verts.

... emprunte moins

Chez ING, le montant emprunté a baissé de 4%. Chez BNP Paribas Fortis, le montant moyen du crédit est retombé à 111.000 euros, à 129.000 euros au Crédit Agricole (contre 137.000 euros) et à 96.000 euros chez Centea (contre 120.000 euros). KBC a enregistré une baisse de 23%, à 97.405 euros. Mais, explique-t-on chez KBC pour illustrer le biais induit par les prêts verts, "les montants moyens des crédits souscrits pour faire construire ou acheter une habitation s’élèvent respectivement à 154.000 et 182.000 euros". 

... opte à nouveau pour les taux fixes

Chez KBC, 84% des crédits vendus étaient assortis d’un taux fixe. Chez ING, leur part a atteint 95%. BNP Paribas Fortis et Dexia parlent d’"une majorité". Et AXA indique que la part des formules à taux fixe a augmenté de 30% en 2010 pour atteindre 54%. En 2010, 65% des crédits étaient assortis d’un taux variable, contre à peine 40% l'an dernier. Centea et le Crédit Agricole ont vu la part des crédits à taux variable "chuter spectaculairement par rapport aux emprunts à taux fixe".

... emprunte massivement pour rénover

C’est la grande tendance de 2011, grâce aux prêts verts. Chez KBC et Dexia, environ la moitié des crédits-logement servaient à des rénovations. Il y a cinq ans, ce n’était le cas qu’une fois sur cinq chez  KBC. Chez AXA, 41% des crédits souscrits financeront des travaux de rénovation; chez ING, la part des crédits à la rénovation est passée de 17 à 26%.

... souscrit des produits annexes pour obtenir une réduction

Chez ING, neuf clients sur dix souscrivent un autre produit en plus du crédit logement. Chez Argenta, c’est le cas de 85% des emprunteurs. BNP Paribas Fortis affirme qu’il y a "une majorité de ventes croisées avec une assurance de solde restant dû, une assurance habitation ou une domiciliation du salaire. Cela rapporte une remise conditionnelle de 0,45%". Centea et au Crédit Agricole, assurent que "les meilleures conditions sont réservées à ceux qui sont ou veulent devenir coopérateurs de la banque."

... emprunte un peu moins longtemps

La tendance à emprunter de plus en plus longtemps s’est arrêtée. L’échéance la plus populaire reste 20 ans. Dexia remarque aussi que les emprunts compris entre cinq et dix ans ont rencontré un vif succès. La clientèle plus âgée a opté pour des échéances plus courtes, tandis que les jeunes empruntent rapidement à 25 ou à 30 ans ou avec plusieurs échéances, confirme-t-on chez Argenta.
Le secteur bancaire est touché par la suppression des avantages fiscaux
Les banques ont bien compris qu’elles octroieraient moins de crédits cette année. "La suppression de l’avantage fiscal n’est pas sans incidence sur la demande et la nouvelle production", reconnaît Argenta. "L’incidence de la suppression de l’emprunt vert peut être estimée précisément. Mais la suppression des avantages fiscaux pour les investissements visant une économie d’énergie aura un impact supplémentaire qui, lui, est difficile à jauger. Tout d’abord, les particuliers consentiront-ils encore ces investissements? Et ensuite, financeront-ils ces investissements par emprunt ou de leur propre poche?", s’interroge le spécialiste du crédit chez KBC, Lut De Lombaerde. KBC estime pour sa part que la production de crédits hypothécaires se repliera en 2012 à un niveau normal de 40.000, contre 75.000 en 2011

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