samedi 10 septembre 2011

Et revoilà Tobin ...


16:29 - 09 septembre 2011

'Il faut taxer les transactions financières'



Dans un courrier adressé à la Commission européenne, Wolfgang Schäuble et François Baroin déclarent croire fermement qu'instaurer cette taxe au niveau européen serait une étape cruciale vers un consensus mondial, d'une manière qui n'affecte pas la compétitivité européenne.


Wolfgang Schäuble CDU SPD Koalition

WOLFGANG SCHÄUBLE

Le ministre français du budget François Baroin (© Joël Saget)

Paris et Berlin veulent une taxe sur les transactions financières qui s'applique à toutes les opérations impliquant une contrepartie dans l'Union européenne, à un taux "aussi bas que possible", selon des propositions transmises vendredi à la Commission européenne. Dans un courrier adressé au commissaire aux Services financiers Michel Barnier et à celui chargé de la fiscalité Algirdas Semeta, François Baroin et Wolfgang Schäuble, les deux ministres des Finances concernés, détaillent leurs propositions concrètes pour cette taxe, serpent de mer dont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé le mois dernier de forcer l'adoption au niveau européen.
La taxe sera prélevée "sur toutes les transactions financières et de devises", selon ce texte diffusé par le ministère des Finances allemand, "quand au moins une contrepartie est basée dans l'UE". Plusieurs modèles sont évoqués quant à sa base d'application, qui pourra être la valeur monétaire, la valeur de marché ou le notionnel, c'est-à-dire la valeur du sous-jacent pour les transactions de produits dérivés.
Le taux sera "le plus bas possible, pour minimiser les réactions d'évasion", qui verraient les opérateurs effectuer leurs transactions hors d'Europe pour échapper au prélèvement. Une source proche des discussions avait évoqué cette semaine un taux de 0,1% pour les actions et obligations et 0,01% pour les produits dérivés.
"Nous sommes persuadés que l'instauration d'une taxe sur les transactions financières au niveau européen sera une étape cruciale pour atteindre un consensus global, sans affecter la compétitivité européenne", écrivent les deux ministres, qui espèrent toujours que l'exemple européen fera école au niveau mondial.
La Grande-Bretagne a rapidement réagi en déclarant qu'elle ne participera pas à une taxe sur les transactions financières de la zone euro, a annoncé vendredi un porte-parole du Trésor.




La taxe Tobin est de retour et devrait figurer en bonne place dans les conclusions du prochain G20 de Pittsburg. Elle est en effet supportée par de grands pays européens (le couple franco-allemand en particulier) et même l'Angleterre, l'ex-championne du libéralisme le plus débridé, semble y être favorable. C'est dire à quel point la crise financière et économique mondiale a fait évoluer dans le bon sens bien des mentalités !
Depuis la première proposition en 1972 de James Tobin, économiste américain, prix Nobel en 1981 et ex-conseiller du président Kennedy, ce projet a considérablement évolué. Tobin l'avait imaginé comme instrument de désincitation de la spéculation dans les transactions monétaires internationales qui profitaient de l'évolution des taux de change des monnaies nationales pour faire de fructueux bénéfices. Il prévoyait d'ailleurs dans son projet des taux de taxation assez dissuasifs pouvant aller jusqu'à 1% de la valeur des transactions.  

Aujourd'hui, l'idée qui prévaut serait de taxer à un taux beaucoup plus faible (on parle de 0,005 % ce qui correspond à 50 ppm - parties par million - pour reprendre une mesure de biologiste ou de chimiste, c'est-à-dire,  de manière concrète 50 $ pour 1 million de $) et donc de manière que l'on peut estimer "indolore" toutes les transactions financières et particulièrement toutes celles pratiquées par les banques et leurs équipes de "traders" qui ont tant joué au casino et créé ces milliers de milliards de $ d'actifs toxiques qui ont fini par empoisonner les bilans des banques.
Pas facile de se faire une idée de ce que cela peut bien représenter pour l'économie mondiale.
Tentons une grossière approximation.
Le ministre Kouchner qui n'a pas une grande réputation d'économiste mais qui doit - on l'espère en tous cas - être bien conseillé, cite dans un interview récent des montants annuels de l'ordre de 20 à 30 milliards d'euros que pourraient rapporter cette taxe. Si ces chiffres sont les bons (soit environ une cinquantaine de milliards de $), cela indiquerait que le montant global annuel et mondial des transactions financières avoisinerait le Million de Milliards de $, c'est-à-dire environ 20 fois le PIB mondial (estimé à ce jour - crise mise à part -  au niveau de 50 mille milliards de $), ce qui peut paraître - sans être un spécialiste de ces questions - d'un ordre de grandeur raisonnable.
Avec cette taxe, nouvelle mouture, les dirigeants de Etats qui y sont favorables ont sans doute d'abord dans l'idée de restreindre par la contrainte financière toutes les transactions à risques qui ont fait - et refont de nos jours - le bonheur des "traders" et par là réduire le risque d'une nouvelle bulle financière vers laquelle ces incorrigibles banquiers, avides de profits à court terme, ne vont pas manquer de nous diriger. Ils ont peut-être aussi - au moins on peut l'espérer - l'idée de fourbir une nouvelle arme meurtrière contre les paradis fiscaux dont les transactions pourraient être frappées plus lourdement. La troisième idée des dirigeants concerne sans doute l'état délabré de leurs finances publiques nationales que le produit de la taxe Tobin ne manquerait pas d'améliorer. Accordons-leur une quatrième idée qui serait d'aider le tiers-monde à financer ses énormes besoins d'infrastructures, d'énergie et de production (propre et durable dans la mesure du possible) et par là-même participer à une reprise économique mondiale tant souhaitée et attendue.
Il faudra, bien sûr, que tout le monde soit d'accord pour appliquer loyalement cette taxe sans inventer localement trente-six dérogations qui reviendraient à la neutraliser !
Si tous les grands pays se mettent d'accord lors du prochain G20, cette première esquisse de gouvernance financière mondiale aurait alors une bonne chance d'aboutir.
En tant que taxe, cette invention de Tobin, présente - dans sa version moderne - des caractéristiques presque idéales (très faible taux et base d'application énorme). Il serait vraiment dommage de ne pas en user (voire en abuser si ses effets secondaires ne s'avèrent pas, à l'expérience, trop dommageables) !



(source: http://pauledouard.over-blog.com/article-36293093.html)



Taxe Tobin version ATTAC et les BPM




On a parlé récemment sur ce blog du retour de la taxe Tobin dans une version modernisée et orientée vers les transactions financières spéculatives mondiales.
ATTAC (
Association for the Taxation of financial Transactions for the Aid of Citizens) a récemment rebondi sur le sujet par le biais d'un article de trois membres de son conseil économique en élargissant considérablement le débat via une nouvelle mouture de la Taxe Tobin (devenue au passage non plus volontaire mais obligatoire et beaucoup plus lourde que celle récemment présentée par Bernard Kouchner) au financement des BPM (Biens Publics Mondiaux).
La rupture radicale préconisée par les gens d'ATTAC est, bien entendu, une vue de l'esprit dans l'état actuel des relations et des accords entre les Etats mais elle a le mérite de montrer une voie vers laquelle se diriger dans un futur sans doute lointain quand les décideurs politiques et économiques auront - enfin ! - pris conscience de l'impérative priorité à accorder à la protection des ressources naturelles et à la répartition équitable des richesses entre les continents.
Vue de l'esprit car les Etats les plus riches renâclent aujourd'hui à affecter une aide au développement du tiers-monde de 0,7% de leur PIB qu'il se sont pourtant engagés à verser et on les imagine mal en affecter 2,5% - préconisations d'ATTAC - même en taxant des transactions internationales qui leur passent au-dessus de la tête !!
Afin de satisfaire ses préconisations ATTAC réclame la mobilisation de 1.500 Milliards de $, soit les 2,5% du PIB mondial et, pour faire bon poids, ajoute à la taxe de type TOBIN une autre taxe sur les bénéfices des multinationales.
En quoi consiste ces fameux BPM ? Ils concernent d'abord l'environnement naturel et ses multiples rubriques allant de la préservation des sols et des forêts, l'accès à l'eau potable, la pollution, l'évolution du climat, la désertification, etc...mais aussi l'environnement nécessaire au développement humain (éducation, infrastructures, sources d'énergie, ressources alimentaires, .....) et enfin tout ce qui est concerné de près ou de loin par le développement durable et la préservation de l'avenir de la planète Terre, sans oublier les outils de stabilisation économiques et financiers permettant au monde de faire l'économie de crises systémiques.

Vaste programme ! Il y faudra y consacrer non seulement d'énormes capitaux mais rien ne se fera sérieusement sans une réelle gouvernance mondiale dans laquelle devront s'associer les poids lourds de économie mondiale, les pays en progression rapide et tous ceux qui ont besoin de la solidarité des autres nations pour échapper à la fatalité du malheur et de la misère.

Le XXIème siècle y suffira-t-il ?



(source: http://pauledouard.over-blog.com/categorie-767490.html)



La taxe Tobin, suggérée en 1972 par le lauréat du « prix Nobel d'économie » James Tobin, consiste en une taxation des transactions monétaires internationales afin de ne plus inciter à la spéculation à court terme. Le taux choisi serait faible, de 0,05 % à 1 %.
L'idée du professeur Tobin a connu un certain engouement depuis la crise mexicaine de 1992-1994. Le projet a été évoqué au sein de l'ONU et du G7 d'Halifax en 1995Robert Mundell a argumenté que cela constituerait une incitation puissante à la mise en place de monnaies communes comme l'euro.
Depuis sa fondation en 1998, l'association ATTAC défend, entre autres, l'idée de l'instauration de cette taxe et participe au mouvement altermondialiste. Elle s'est depuis implantée dans beaucoup de pays, et propose des analyses étudiant la possibilité pratique de la mise en place de la taxe.
James Tobin quant à lui s'est distancié de l'utilisation faite de son idée. Il déclarait ainsi en 2001 : « J’apprécie l’intérêt qu’on porte à mon idée, mais beaucoup de ces éloges ne viennent pas d’où il faut. Je suis économiste et, comme la plupart des économistes, je défends le libre-échange. De plus, je soutiens le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), tout ce à quoi ces mouvements s’en prennent. On détourne mon nom. »1. Une telle taxe aurait selon lui, dans le même entretien, un intérêt pour limiter les mouvements de court terme sur les monnaies mais ne doit pas être interprété dans une logique altermondialiste.
D'autres économistes, comme Joseph E. Stiglitz2 ou Lawrence Summers3 soutiennent le principe d'une telle taxe. Elle est cependant critiquée par la large majorité des économistes financiers à l'instar de Dominique Strauss-Kahn, ancien président duFMI, qui a déclaré que « les transactions financières étant très difficiles à mesurer, une telle taxe serait très facile à contourner »4.


vendredi 9 septembre 2011

Dallas next @ VolksPorsche



20:53 - 08 septembre 2011

Volkswagen et Porsche ne fusionneront pas en 2011




Les constructeurs automobiles ont annoncé qu'ils n'arriveront pas à boucler leur fusion dans les délais prévus initialement. "L'objectif de former un groupe automobile intégré reste inchangé", a toutefois précisé Volkswagen.

Les constructeurs automobiles allemands Volkswagen et Porsche ont annoncé jeudi qu'ils n'arriveront pas à boucler leur fusion dans les délais prévus initialement, soit avant la fin de l'année 2011, dans des communiqués séparés.
"L'objectif de former un groupe automobile intégré reste inchangé", a toutefois précisé Volkswagen, les deux groupes évoquant un risque juridique lié à des plaintes de plusieurs fonds d'investissement américains aux Etats-Unis et à une enquête en Allemagne pour expliquer le contretemps
"Du point de vue de Volkswagen, les obstacles juridiques persistants ne permettent pas d'évaluer le risque économique d'une fusion et donc de déterminer une valorisation de Porsche SE nécessaire pour établir le taux d'échanges" entre les actions des deux groupes en vue d'un mariage, a avancé le numéro un européen.
Les principales sources d'incertitude "sont les procédures et les plaintes déposées contre Porsche SE en Allemagne et aux Etats-Unis pour manipulation de cours présumée", a-t-il ajouté.
Le constructeur de voiture de sport avait surpris tout le monde en octobre 2008 en annonçant détenir 75% de Volkswagen, ce qui avait fait exploser le titre de ce dernier.
Le cours de Bourse de Volkswagen avait alors dépassé les 1.000 euros, obligeant les fonds à déboucler des positions en catastrophe et entraînant de lourdes pertes chez les investisseurs qui spéculaient sur une baisse du cours.
Mais la tentative de Porsche pour s'emparer de VW, en s'endettant massivement, a échoué et c'est finalement Volkswagen qui a sauvé Porsche de la faillite.

Logo Porsche Automobil Holding


PORSCHE AUTOMOBIL HOLDING SE NON VTG PRF NPV (PAH3)


39,06 EUR
-11,16% | -4,90
 09/09/2011 14:35






Logo Volkswagen AG (Preference





VOLKSWAGEN PRIV (VOW3)


107,80 EUR
-0,14% | -0,15
 09/09/2011 14:38



Eye On The Market Sep 6, 2011


Posté le 8 septembre 2011 par Stéphane Wuille

La crise de la dette, version Lego

Certains économistes ne reculent devant aucun artifice pour tenter d’expliquer de façon simple et ludique des phénomènes parfois complexes et rébarbatifs. Pour notre plus grand bonheur...

Dans cette catégorie, Michael Cembalest, chief investement officer chez JP Morgan, mérite une mention spéciale et les félicitations du jury. Avec l’aide de Peter Cembalest, 9 ans, (son fils, j’imagine)  qu’il présente comme "un spécialiste de la conceptualisation de tels phénomènes", il nous résume la crise de la dette au moyen de figurines Lego.

Une douzaine de personnages sont mis en scène, dans un seul tableau,  pour apporter une réponse à la question suivante: qui est censé payer pour le sauvetage actuel et futur des Etats et des banques ? 

Les flèches rouges, qui relient entre eux certains personnages, indiquent ceux qui pourraient être susceptibles de refiler la patate chaude à d'autres. Sans surprise, c’est vous et moi, c’est-à-dire les contribuables des pays du noyau dur de la zone euro qui, en définitive, sont les plus sollicités pour prendre le coût de cette crise à leur charge. Pas vraiment une surprise, n'est-ce pas....

Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Lego
(Source: JP Morgan)

Voici, pour chacune des figurines, quelques mots d’explications tirés du document de JP Morgan:
1. L’Espagne, l’Italie et le reste de la périphérie de la zone euro estiment que la BCE devrait acheter des obligations pour éviter la hausse des "spreads" et leur permettre la mise en œuvre des plans d’austérité.

2. La CDU, le CSU et le FDP, les trois partis allemands qui contrôlent le Bundestag, sont opposés à ce que l’Allemagne fasse plus que ce qu’elle a déjà promis.

3. La Finlande a exigé des garanties en contrepartie de son apport au Fonds européen de stabilité financière (FESF).

4. Si les sociaux démocrates et les verts arrivent au pouvoir en Allemagne, ce que suggèrent les sondages en cas d’élections anticipées, ils soutiendront une éventuelle mutualisation fiscale pour préserver la zone euro.

5. La Bundesbank (représentée par une sorte de Dark Vador moyenâgeux) est le protecteur ultime des intérêts monétaires et fiscaux de l’Allemagne.

6. Le FMI (figurine de cochon) a joué un rôle passif en prêtant de l’argent et en supervisant des plans d’austérité de la Grèce qui ont échoué lamentablement.

7. La BCE qui achète des obligations espagnoles et italiennes sur le marché secondaire, n’aime pas son rôle actuel d’agent fiscal et estime que c’est aux contribuables européens de supporter le coût de la crise.

8. Après avoir longtemps patienté pour rejoindre la zone euro, la Pologne préfère attendre aujourd’hui de voir qui va régler l’ardoise de la crise.

9. La France (figurines affublées des inévitables bérets basques) se repose sur la BCE pour gérer ce que le Fonds européen de stabilité financière ne peut pas faire.

10. Les contribuables des pays du noyau de la zone euro seront sollicités, soit via l’augmentation de la taille du Fonds de stabilité, soit via le lancement d’Euro-obligations.

11. La Commission européenne et l’Euro groupe (figurines des soldats de Star Wars) soutiennent la politique mise en oeuvre par la BCE.

12. Jusqu’à présent, les détenteurs d’obligations et les actionnaires ont été subsidiés par la BCE et les contribuables. Les derniers stress tests ont révélé que les banques avaient encore besoin de 2,5 milliards d’euros en capitaux.

A lire également:
La crise de la dette? C'est la faute aux Tanguy!
Pour comprendre notre dette comme Didier
L'effet domino d'une faillite de la Grèce

Stéphane Wuille 








Où est la pince emporte-pièce ?


09:22 - 09 septembre 2011 par Petra De Rouck / Nadine Bollen

Paierez-vous bientôt plus de TVA?


La crise persistante n'est pas sans impact sur vos investissements et votre épargne. Et ce n'est pas tout. Tôt ou tard, la Belgique sera contrainte de se serrer la ceinture. Des augmentations d'impôts, et notamment de la TVA, semblent inévitables.
Depuis l’été 2007, nous passons d’une crise à l’autre. La crise des subprimes s’est transformée en crise des crédits. Celle-ci est à son tour devenue une crise bancaire, qui a ensuite plongé les États occidentaux dans une crise de l’endettement sans précédents. Tant les États-Unis que les pays de l’Union européenne sont accablés par une dette colossale qui n’est pas tenable à long terme. Tôt ou tard, sous la pression des marchés financiers ou non, les États devront prendre des mesures pour rétablir l’équilibre de leurs bilans. Il est logique, dès lors, qu’en période de difficultés budgétaires, des économies et des augmentations d’impôts soient prévues.

Ne pas traîner

Heureusement, pensez-vous (ou espérez-vous) peut-être, nous échapperons encore aux augmentations d’impôts et autres mesures d’économie aussi longtemps qu’Elio Di Rupo ne parviendra pas à mettre sur pied un gouvernement. Voilà un raisonnement qui tient la route, mais à très brève échéance. "Les mesures d’économie sont inévitables. Plus nous attendrons, plus elles seront drastiques et inéquitables", prévient Etienne de Callataÿ, économiste en chef à la Banque Degroof.
D'après les calculs du quotidien De Tijd sur la base du budget, la Belgique devrait faire en sorte de 'trouver' 7 milliards d'euros pour 2012. Pour l'instant, on ne sait pas si cette tâche incombera au nouveau gouvernement Di Rupo, ou au gouvernement Leterme. Mais cela importe peu, la Belgique n'échappera pas aux mesures d'économie et aux augmentations d'impôts. 
Des études internationales ont démontré que le fait de moins dépenser contribue à un redressement plus durable de l’économie que l’augmentation des impôts. "Mais il faut rester réalistes: compte tenu de l’évolution démographique, il est impossible de limiter les dépenses de pension et de soins de santé. La seule chose que nous puissions faire est de ralentir le rythme d’augmentation de ces dépenses."

Supprimer les avantages fiscaux liés au crédit logement

Une autre manière de limiter les dépenses consisterait à supprimer une série d’avantages fiscaux. De Callataÿ rejoint les syndicats dans leur plaidoyer en faveur de la suppression des avantages fiscaux liés à l’épargne-pension. Il serait également d’avis de limiter les avantages fiscaux découlant des mesures visant une économie d’énergie. Par ailleurs – et ceci est plus étonnant -, il propose la suppression des avantages fiscaux sur les crédits logement – le bonus logement. "Ceux qui disposent aujourd’hui de suffisamment d’économies pour acheter une maison se voient encouragés fiscalement à emprunter malgré tout." Évidemment, tout le monde n’est pas dans ce cas de figure. Mais de Callataÿ estime que les avantages fiscaux déséquilibrent le marché immobilier et poussent les prix à la hausse. "Pourquoi le marché immobilier américain s’est-il effondré et pas le canadien? Parce qu’aux États-Unis, l’emprunt hypothécaire est associé à des avantages fiscaux, pas au Canada."

La Belgique relèvera-t-elle la TVA ?

Dans leur quête de fonds, d’autres pays envisagent un relèvement de la TVA. En Italie, celle-ci passera de 20 à 21%. Mais le Portugal et la Grèce ont eux aussi revu à la hausse leur taux. "La TVA est devenue une source de revenus de plus en plus importante pour le Trésor ces dernières années. La Commission européenne reconnaît que la TVA reprend le rôle de recettes liées au travail. L’OCDE joue également la carte de la TVA comme instrument politique", explique l’avocat Danny Stas, du bureau Tiberghien.
La crise a en tout cas incité le Portugal et la Grèce à relever leur taux standard. Est-ce également une option envisagée en Belgique? "L’idée de relever le taux de TVA normal de 1 à 2% a déjà été évoquée à plusieurs reprises. Théoriquement, il subsiste une petite marge en ce sens puisqu’avec un taux standard de 21%, notre pays se situe dans la moyenne européenne", reconnaît Danny Stas. "À condition d’abaisser les charges sociales sur le travail, on peut aussi envisager d’accroître la TVA sur la consommation polluante", juge de Callataÿ.
Mais une telle mesure suscite certaines réticences. "Aux Pays-Bas, on a récemment pensé à augmenter la TVA dans certains domaines spécifiques comme les arts de la scène, mais ces projets ont dû rapidement être mis au frigo sous la pression populaire. Idem en Belgique lorsqu’on a envisagé une hausse de la TVA sur la télévision numérique", explique Danny Stas.
Un relèvement du taux de TVA n’aurait-il pas une incidence sur la consommation? "Une légère modification du taux de TVA n’a pas un impact immense. A l’époque de la crise financière, le gouvernement britannique avait décidé d’abaisser temporairement le taux standard afin de relancer la consommation. Il s’est rapidement avéré que la mesure n’aurait pas l’effet escompté. Une année après, le gouvernement a même décidé de relever le taux standard", remarque Danny Stas.