Ce jeudi a par exemple encore été une journée noire en Bourse. Notre indice boursier national, le fameux BEL 20 a dégringolé d’un peu plus de 5% hier. Et à nouveau, les valeurs bancaires ont été matraquées – KBC Groep a perdu presque 7% - Dexia a chuté d’un peu plus de 11% - BNP Paribas a chuté de 4%, ce qui veut dire qu’en 4 semaines, cette banque a perdu 28% de sa valeur !
Et même des valeurs solides qui n’ont rien à voir avec le monde bancaire comme Colruyt ou Bekaert ont cédé 10% et 9,3%. C’est énorme et tout aussi injustifié, mais c’est comme cela. En bourse, pour le moment, c’est la curée et le règne de la rumeur reine. C’est ainsi que le patron de BNP Paribas a dû - hier encore - démentir une nouvelle rumeur selon laquelle BNP Paribas s'apprêtait à solliciter le Qatar et Abu Dhabi, dans le cadre d'une augmentation de capital.

Une information que Baudoin Prot, directeur général de BNP Paribas, a "formellement" démentie sur les ondes de la radio française BFM, ce jeudi. Le patron de BNP Paribas a même précisé, je cite : "Nous n'avons aucun contact particulier, ni au Qatar ni ailleurs." Pour la bonne raison", a-t-il ajouté, que "nous n'avons pas besoin d'augmentation de capital." Et c’est vrai que c’est juste, puisque BNP Paribas envisage au contraire de réduire son bilan de 10% !

Alors, pourquoi cette curée en Bourse des valeurs bancaires ? La dernière raison trouvée par les marchés, c’est qu’après avoir dit, pendant des semaines, que les banques européennes se portaient bien et n’avaient pas besoin de renforcer leurs fonds propres – je rappelle qu’il y a quelques jours Christine Lagarde, la nouvelle patronne du FMI avait clairement dit que les banques européennes devaient se recapitaliser – la commission européenne opère une véritable volte-face, en estimant – finalement - que certaines banques européennes pourraient avoir besoin d'être recapitalisées, compte tenu de la possible faillite de la Grèce et de la dégradation de la note de solvabilité de l'Italie par S&P. Bref, c’est un aveu de la faiblesse des banques européennes. Aveu tardif, mais aveu quand même. C’est ce qui explique la nouvelle dégringolade des banques en Bourse. Le problème, c’est que les valeurs bancaires entrainent dans leur sillage toutes les autres valeurs. Aujourd’hui une firme comme Renault pèse en Bourse moins que la valeur de ses usines et de sa flotte de voiture. C’est fou, injuste et pas correct, mais c’est la Bourse, et pour le moment, elle est en mode panique.