vendredi 7 octobre 2011

Égalité ? Vous avez dit égalité ? ...


00:30 - 06 octobre 2011 par Laurent Fabri

Selon que vous serez puissant…


Le dossier Dexia prend de plus en plus un âcre goût de déjà-vu. Où il est question de démantèlement forcé, de bisbrouille transnationale où chacun voudra tirer la couverture à soi, de vente par appartement et de nationalisation plus ou moins déclarée.
Il y a trois ans jour pour jour, n’était-on pas exactement dans la même situation pour Fortis? Aujourd’hui, les actionnaires échaudés craignent d’être une nouvelle fois victime d’un coup de Jarnac. Déjà les téléphones des avocats chauffent et l’on fourbit ses armes pour éviter toute forme de spoliation "à la manière de".
Après le sauvetage de Fortis, le gouvernement avait pris une loi lui permettant de se porter au secours d’une banque en grande difficulté par expropriation. Le texte muselle l’actionnaire dépossédé et lui interdit quasiment toute forme de recours. 
Muette donc l’assemblée générale qui devrait théoriquement décider de la vente des principaux actifs de l’entreprise. C’est ce qui avait fait couler autant d’encre dans l’affaire Fortis. On s’en doute, cette loi fait peur, autant du côté des actionnaires que du gouvernement qui s’exposera à une volée de bois vert, même si sa finalité est louable — le sauvetage d’une banque systémique.
En filigrane, c’est évidemment la question de l’égalité entre les actionnaires qui se pose. Ethias, Arco et le Holding Communal, subissent de plein fouet la moins-value de la chute de Dexia. Et ces trois actionnaires de poids, déjà en difficulté, présentent à leur mesure aussi un risque systémique, pour leurs clients, épargnants, mutualités ou communes.
À ce titre, ils ont déjà reçu une aide des pouvoirs publics et auront sans doute encore besoin d’un soutien qui, mutatis mutandis, leur permettrait d’éponger la perte encourue dans l’aventure. L’actionnaire particulier pourra-t-il bénéficier de la même aide? Il faudra en tout cas en tenir compte dans le délicat plan de sauvetage qui se dessine.

Laurent Fabri, Newmanager.

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